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François Hollande esquisse la refonte de l'école

François Hollande a présenté ce mardi à la Sorbonne des propositions qui devraient faire l’objet d’un projet de loi d’ici fin 2012. Parmi elles, le retour à la semaine de 4 jours et demi en primaire et la réduction du redoublement.

C’est la priorité du gouvernement Hollande : la refonte de l’école. Le président a présenté mardi 9 octobre à La Sorbonne "les grands axes de la politique de l'éducation" et s’est engagé à ce qu’un projet de loi soit présenté en conseil des ministres avant la fin de l'année. Dans son discours, François Hollande s’est largement inspiré du rapport de la concertation sur la refondation de l'école lancée début juillet. Il s'est déclaré "favorable" à une réforme des rythmes scolaires, notamment dans le primaire où se joue l'échec scolaire. "La réalité, c'est que trop d'élèves, à la fin de l'école primaire, ne maîtrisent pas les connaissances de base", a déploré le président, notant qu'environ 140 000 jeunes sortaient chaque année du système éducatif sans diplôme ni qualification.

"Nous ne pouvons pas nous plaindre de la baisse de nos résultats dans les classements internationaux et ne pas voir que 144 jours de classe par an alors que nos partenaires européens sont à plus de 180, c'est un handicap", a-t-il noté. Selon l’étude Pisa 2009, qui évalue les systèmes d'enseignement du monde entier tous les trois ans, la France affiche des résultats moyens. Elle se place au 21e rang en lecture et au 22e rang en mathématiques.

Le locataire de l’Élysée prône donc un retour à une semaine de quatre jours et demi à l'école primaire, incluant le mercredi matin, "dès la rentrée 2013". "La réforme des rythmes [scolaires] n'est pas la clé de tout", mais "c'est le levier de la réussite", a-t-il expliqué. Cette réforme est l'un des sujets les plus sensibles de la refondation de l'école tant elle mobilise de nombreux acteurs aux intérêts divergents: parents, enseignants, professionnels du tourisme, collectivités locales. Cette réforme "touche à la vie quotidienne non seulement des élèves mais des Français", a relevé François Hollande, mais "il convient maintenant d'avancer".

"Une oreille bienveillante pour la première fois"

"Ce projet exige que les élèves ne soient pas livrés à eux-mêmes à partir du milieu de l'après-midi et que les inégalités d'accès aux activités éducatives, culturelles ou sportives ne soient pas creusées", a-t-il souligné, évoquant des solutions comme l'accompagnement périscolaire, la pratique culturelle et sportive et l'aide aux devoirs.

Présent à la Sorbonne lors du discours de François Hollande, Michel Hervieu, vice-président national de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), ne boude pas son plaisir. "On est comme toutes les organisations, on est contents. Le débat sur la refonte de l’école a été profond et complet. C’est la première fois qu’on nous écoute d’une oreille bienveillante, commente-t-il. Ces mesures préjugent d’un progrès exceptionnel."

Mais la victoire n’est pas complètement acquise, tient à souligner Michel Hervieu. "Le débat continue, notamment sur la semaine de quatre jours et demi", poursuit-il. Le rapport préconise de faire travailler les enfants le mercredi matin, mais laisse la porte ouverte au samedi matin choisi localement. À ce sujet, le Syndicat national des agents de voyage et domaines skiables de France a manifesté ses craintes concernant l’impact sur la saison touristique. "Il va falloir s’assurer que c’est bien l’intérêt de l’enfant qui prime et non l’intérêt économique", note Michel Hervieu.

Les devoirs à l'école plutôt qu'à la maison

François Hollande a par ailleurs ajouté que les devoirs devaient "être faits dans l'établissement plutôt qu'à la maison". Ce qui ne fait pas l’unanimité auprès des Français : selon un sondage Ifop, 68 % d’entre eux sont opposés à la suppresion des devoirs à la maison contre 32 % qui y sont favorables. Le président a également ajouté qu'il fallait réduire les redoublements et que la notation devait "indiquer un niveau plutôt que de sanctionner". Il a retenu l'objectif du "plus de maîtres que de classes" en primaire qui "facilitera le développement du travail en commun, introduira de nouvelles méthodes d'accompagnement des élèves et préviendra les premiers retards".

Il a par ailleurs soutenu le projet du ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, d'enseigner la morale laïque, une proposition qui avait déclenché une polémique avec l'opposition durant l'été.

L’hôte de l’Élysée, qui souhaite défendre la voie professionnelle au lycée, a également indiqué vouloir en finir avec la "labellisation" et la "stigmatisation" des établissements scolaires à travers les dispositifs comme les Zones d'éducation prioritaire (ZEP) : "Je propose d'affecter dans les territoires en difficulté des enseignants expérimentés, sur la base du volontariat, et de garantir une plus grande stabilité des équipes, quitte à accorder de meilleures conditions de travail pour ceux qui sont confrontés à des situations éprouvantes".