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Ban Ki-moon demande à Téhéran des progrès "concrets" sur le nucléaire

À la veille de l'ouverture à Téhéran du 16e Sommet des pays non-alignés auquel il doit assister, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé à l'Iran d'adopter des "mesures concrètes" pour lever les doutes sur son programme nucléaire.

AFP - Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé mercredi aux dirigeants iraniens de prendre rapidement des "mesures concrètes" pour soulager les inquiétudes internationales sur leur programme nucléaire et de contribuer à une résolution pacifique de la crise syrienne.

M. Ban a été reçu notamment par le Guide de la République islamique Ali Khamenei, le président Mahmoud Ahmadinejad et le négociateur nucléaire iranien Saïd Jalil, à la veille de l'ouverture à Téhéran du 16e sommet des pays Non-Alignés auquel il doit assister.

Selon son porte-parole Martin Nesirky, M. Ban a demandé à ses interlocuteurs de "prendre des mesures concrètes pour répondre aux inquiétudes de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) et prouver que son programme nucléaire a des objectifs pacifiques".

Le secrétaire général a toutefois estimé que ce dossier ne pouvait se régler que "par une solution diplomatique et pacifique", alors qu'Israël a menacé de mener des frappes contre l'Iran.

M.Ban a par ailleurs souligné que "les droits de l'Homme en Iran restaient un motif de préoccupation" et que "les droits civils et politiques fondamentaux (des Iraniens) devaient être respectés", a rapporté M. Nesirky.

Il a également condamné les propos "offensants", "provocateurs" et "inacceptables" des dirigeants iraniens qui appellent régulièrement à la disparition d'Israël.

Le secrétaire général de l'ONU a enfin demandé à Téhéran "d'user de son influence" pour convaincre le régime syrien de Bachar al-Assad de "mettre fin d'urgence à la violence" dans ce pays en proie depuis plus de 17 mois à un conflit et de créer les "conditions.

Selon son porte-parole, M. Ban "croit fermement que l'Iran, étant donné son influence régionale et son influence sur la Syrie, peut jouer un rôle important dans un règlement" de la crise syrienne.

Le département d'Etat américain, qui avait émis de très fortes réserves sur le voyage de M. Ban en Iran, a aussitôt ironisé sur cette déclaration en affirmant être "d'accord (...) pour dire que l'Iran a un rôle à jouer" si "ce rôle consiste à rompre avec le régime d'Assad et à cesser de lui fournir de l'aide matérielle, des armes et des conseillers".

Les Etats-Unis et Israël ont estimé que la présence du secrétaire général de l'ONU au sommet des Non-Alignés donnait un poids supplémentaire à un événement largement exploité par Téhéran pour tenter de rompre son isolement international.

M. Ban avait déclaré vouloir se rendre à Téhéran pour y "transmettre les inquiétudes et les attentes de la communauté internationale".

Mais face aux appels et critiques du secrétaire général de l'ONU, l'ayatollah Khamenei a réaffirmé que Téhéran n'avait pas l'intention de se doter de l'arme nucléaire, selon son site officiel. Et il a accusé l'AIEA de chercher à "saboter" le programme nucléaire iranien à l'instigation des Etats-Unis.

Les rapports de l'agence onusienne n'excluant pas que les activités nucléaires iraniennes aient un objectif militaire sont à l'origine de six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant Téhéran, qui n'en n'a jamais tenu compte.

L'ayatollah Khamenei a également critiqué la "domination" des grandes puissances nucléaires, Etats-Unis en tête, sur le Conseil de sécurité, et accusé l'ONU d'être "inefficace" pour promouvoir le désarmement.

Au Moyen-orient, "le régime sioniste auquel les Américains ont donné l'arme nucléaire est un grand danger pour la région, et les Nations-Unies doivent prendre des mesures pour y répondre", a-t-il affirmé.