Megaupload assigne en justice Universal pour avoir fait retirer illégalement l'un de ses clips de YouTube. Une polémique qui fait le jeu du site de téléchargement alors qu'aux États-Unis une loi concernant les droits d’auteur sur Internet fait débat.
C’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé. Universal, habitué à poursuivre en justice des sites accusés de favoriser le téléchargement illégal, est visé depuis le 12 décembre par une plainte de l’un d’eux. Megaupload reproche, en effet, à la major du disque d’avoir fait illégalement retirer de YouTube un de ses clips promotionnels.
Au cœur de cette controverse, plusieurs stars du showbizz américain sous contrat avec Universal Music Group (UMG) qui déclarent dans la vidéo produite par Megaupload leur flamme en chanson à ce site de téléchargement.
Dommages et intérêts
Un soutien musical qui a fait sortir UMG de ses gonds tant il semble apporter une caution à un service régulièrement accusé par les majors du disque et par Hollywood de favoriser le téléchargement illégal. Arguant qu’elle détenait des droits d’auteur sur certaines des stars qui apparaissent dans la vidéo, UMG a réussi à la faire ôter de YouTube. La major a déclaré au site d’information spécialisé dans la distribution numérique Torrentfreak que certains des artistes du clip n’étaient même pas au courant de sa finalité.
Une version que réfute Kim “Dotcom” Schmitz, le très controversé fondateur de Megaupload. Cet Allemand, qui a été condamné au début des années 2000 pour délit d’initié et fraude à la carte de crédit, assure que tous les participants à ce projet étaient consentants et ont signé un contrat expliquant noir sur blanc la démarche de son site. C’est fort de ces documents légaux que les responsables du site demandent aujourd'hui des dommages et intérêts en justice à Universal. “Il semblerait qu’UMG ne permet pas à ses artistes d’exprimer des points de vue différents des siens”, déplore Megaupload dans la plainte.
Sens du timing
Cette polémique est un sacré coup de pub pour le site qui vient d’annoncer le lancement pour 2012 d’un service de téléchargement légal et payant, Megabox, qui se veut un futur concurrent d'iTunes.
Un coup de pub d’autant plus retentissant qu’il intervient alors que le débat autour du projet de loi SOPA (Stop Online Piracy Act) fait rage aux Etats-Unis. Ce texte qui oppose les lobbys du disque et du cinéma à des géants du Web du calibre de Google ou Yahoo! vise à renforcer considérablement les pouvoirs des ayants droit sur les sites soupçonnés d’héberger du contenu protégé par des droits d’auteur comme Megaupload. De là à penser que Megaupload a un sens du timing bien pensé, il n’y a qu’un clic…