
Ziad Takieddine est une nouvelle fois entendu par le juge Renaud Van Ruymbeke. L'intermédiaire en armement a été mis en examen le 14 septembre pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" dans le cadre de l'affaire Karachi.
AFP - L'intermédiaire en armement Ziad Takieddine, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, est entendu mercredi par le juge Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur de possibles malversations financières en marge de contrats d'armement, a constaté un journaliste de l'AFP.
Arrivé vers 09H00 au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris en compagnie de son avocat Me Ludovic Landivaux, M. Takieddine devait être entendu à partir de 09H30 et pour toute la journée par le juge.
"On a étudié le dossier en profondeur, les avocats ont fait un bon travail, on est là pour répondre aux questions du juge", a déclaré M. Takieddine aux journalistes.
Les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire cherchent à savoir si des commissions, versées en marge de contrats d'armement conclus en 1994 avec le Pakistan (sous-marins Agosta) et l'Arabie saoudite (frégates Sawari II), ont donné lieu à des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995.
M. Takieddine a été mis en examen le 14 septembre pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux".
Outre M. Takieddine, deux proches de Nicolas Sarkozy et d'Edouard Balladur ont été mis en examen ces deux dernières semaines dans cette affaire: l'ex-conseiller de M. Sarkozy, Thierry Gaubert, et l'ancien directeur de campagne de M. Balladur, Nicolas Bazire.
Dans plusieurs interviews récentes, M. Takieddine a exhorté le président Nicolas Sarkozy à lever le secret-défense sur les contrats au coeur de l'enquête.
Il a aussi assuré que les commissions sur les contrats d'armement n'ont pas été interrompues après l'élection de Jacques Chirac en 1995, contrairement à ce qu'assure Dominique de Villepin, mais qu'elles ont eu une autre utilisation, sans dire laquelle.