
L'ex-infirmière de la milliardaire Liliane Bettencourt a nié avoir évoqué une quelconque remise d'argent liquide à Nicolas Sarkozy, contrairement à ce qu'affirme la juge Isabelle Prévost-Desprez dans un livre à paraître intitulé "Sarko m'a tuer".
AFP - L'ex-infirmière de Liliane Bettencourt a affirmé mercredi dans une interview à l'hebdomadaire Marianne qu'elle n'avait "pas parlé de remise d’enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d’autre", à la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez ou à sa greffière.
"Lorsque j’ai été auditionnée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, je ne lui ai pas parlé de remise d’enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d’autre. Je n’en ai parlé ni à la juge, ni à sa greffière", déclare l'infirmière, identifiée sous les initiales HY, qui dit aussi avoir été la cible de "menaces de mort" dans cette "affaire sensible".
Dans "Sarko m'a tuer" (Stock), un ouvrage de deux journalistes du Monde, la juge Prévost-Desprez affirme que l'ex-infirmière de Liliane Bettencourt avait "confié à (sa) greffière, après son audition par (elle): +J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy mais je ne pouvais le dire sur procès-verbal+".
Concernant cette audition et la question de remises d'enveloppes, l'infirmière précise, dans cet entretien à paraître samedi: "C'était en juillet 2010. Avant que l'audition formelle ne commence, elle m'a dit que nous n'étions pas là pour aborder ce sujet. Mais, de mémoire, pendant quelques instants, nous avons échangé ensemble sur d'autres témoins qui auraient évoqué de tels faits. Mais moi, je ne lui ai rien dit".
Pressée de dire si elle démentait les propos de la magistrate, elle ajoute: "N'insistez pas, je n'en dirai pas plus! (...) Je n'ai rien à cacher, je suis une femme honnête, mais je ne veux pas que mes propos se retournent contre moi. Cette affaire m'a déjà causé assez d'ennuis comme ça!"
"J’ai reçu des menaces de mort. On m’a fait savoir qu’à cause de mon témoignage dans l’affaire Banier-Bettencourt (le 24 janvier 2008, ndlr), on allait retrouver mon corps dans la Seine", poursuit l'infirmière qui fut au service des Bettencourt de septembre 2006 à juillet 2007.
Elle ajoute qu'elle n’a pas souhaité porter plainte après ces menaces: "porter plainte contre qui? Contre l’invisible? Contre l’Etat?". A l’époque, aucun avocat n’a voulu s’occuper de moi au motif qu’il s’agissait d’une affaire sensible. Aussi, désormais, je ne parlerai plus qu’aux juges. Si un juge veut m’entendre, je suis à sa disposition", ajoute-t-elle.
Elle raconte être "une femme modeste et sans prétention". "Cette affaire Bettencourt m'a lessivée. Je n'ai pas gagné un centime dans cette histoire. J'étais payée 160 euros pour des vacations de 12 heures. Ca ne fait pas lourd! Même le chien de Mme Bettencourt était mieux traité que moi. Il m'arrivait de m'endormir par terre quand, lui, avait le droit de se coucher sur le lit, bien au chaud dans les draps. Depuis, j'ai perdu mon travail, j'ai maigri de 10 kilos en six mois".
Dans le livre "Sarko m'a tuer", Mme Prévost-Desprez déclare aussi que l'un des témoins, dans l'entourage de Liliane Bettencourt, "(lui) a dit qu'il avait vu des remises d'espèces à Sarko" tout en demandant que ces propos ne figurent pas sur le procès-verbal.
L'Elysée a répliqué que ces accusations étaient "infondées, mensongères et scandaleuses", tandis que François Fillon les a qualifiées d'"allégations" dénuées de "tout fondement".