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Omar el-Béchir aurait accepté de retirer ses troupes de la région d'Abyei, à la lisière du Nord et du Sud-Soudan, sous conditions. Le président soudanais s'entretient en Éthiopie avec le président du Sud-Soudan, Salva Kiir, depuis dimanche.
AFP - Khartoum a accepté sous conditions de retirer ses troupes de la région disputée d'Abyei, à la lisière du Nord et du Sud Soudan, a annoncé lundi le ministre de l'Information de la région semi-autonome du Sud-Soudan, au second jour de discussions en Ethiopie.
"Selon nos informations ils ont accepté un retrait d'Abyei sous réserve d'un accord sur des modalités spécifiques pour l'administration d'Abyei", a déclaré Barnaba Marial Benjamin sur la radio indépendante Sudan Radio Service.
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"Je pense qu'ils ont accepté le principe qu'ils doivent se retirer", a-t-il poursuivi, en ajoutant que des discussions devraient porter sur les troupes qui remplaceront les Forces armées soudanaises (FAS - armée du nord) quand elles partiront.
Les troupes nordistes, appuyées par des blindés, sont entrées le 21 mai dans Abyei, en réponse à une attaque meurtrière deux jours plus tôt contre un convoi de l'armée au nord de la région, dans laquelle au moins 22 soldats nordistes ont été tués.
La majorité des personnes ayant fui les violences sont des Dinka Ngok, partisans du Sud, qui se séparera officiellement du Nord le 9 juillet.
Près de 100.000 personnes ont fui les combats à Abyei, ont estimé mardi dernier les Nations unies, en qualifiant de "tendue et imprévisible" la situation dans cette ville.
Des négociations en cours depuis des mois en Ethiopie ont repris dimanche lors de la rencontre entre le président soudanais Omar el-Béchir et son premier vice-président, le Sud-Soudanais Salva Kiir à Addis Abeba.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré lundi matin au cours d'une visite en Tanzanie que Washington accueilleraient favorablement le déploiement de troupes éthiopiennes, sous mandat onusien, dans la région d'Abyei, exhortant le Nord et le Sud Soudan d'accepter une telle proposition.
"Le gouvernement soudanais devrait faciliter de toute urgence la mise en place d'un dispositif sécuritaire, avec en premier lieu le retrait des forces armées soudanaises" d'Abyei, a-t-elle déclaré.
"Nous accueillerions favorablement le fait que les deux parties s'accordent à demander à l'Ethiopie, qui a proposé d'envoyer des soldats de maintien de la paix, de le faire, sous mandat onusien", a-t-elle ajouté.
Mme Clinton est ensuite arrivée lundi après-midi à Addis Abeba, pour y prononcer un discours au siège de l'Union africaine.
Elle doit y rencontrer M. Kiir mais pas le président Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt international de la Cour pénale internationale (CPI).
Par ailleurs, des affrontements opposent depuis le 5 juin l'armée du Nord et des membres de l'ancienne armée rebelle sudiste au Kordofan-Sud, Etat nordiste qui a été un champ de bataille pendant la guerre civile entre le Nord et le Sud (1983-2005).
Les Nations Unies ont indiqué lundi que les combats débordaient de cet Etat et se sont étendus pour la première fois au Sud Soudan.
"Les combats comprenant des bombardements et des tirs d'obus ont été signalés dans 11 des 19 localités du Kordofan-sud et se sont étendus au comté de Parieng, dans l'Etat d'Unité (sudiste, ndlr)", a annoncé le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dans un communiqué.