
L'Italie, qui fait face à un afflux massif d'immigrés clandestins en provenance d'Afrique du Nord sur l'île de Lampedusa, a redemandé aux pays de l'Union européenne davantage de solidarité en la matière.
AFP - L'Italie, confrontée à une vague d'immigration en provenance de la Tunisie, a redemandé jeudi aux pays de l'Union Européenne d'accueillir des immigrés tunisiens sur leur territoire, une requête déjà rejetée la veille par la Commission.
"Les immigrés qui sont déjà en Italie doivent être rapatriés vers la Tunisie ou répartis entre plusieurs pays européens. Nous assistons à une absence de solidarité éclatante, à commencer de la part de la France", a dit le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini au cours d'une émission télévisée.
Mercredi, la Commission européenne a rappelé que l'Italie a le devoir de prendre en charge les immigrés économiques, l'immense majorité de ceux provenant de la Tunisie, qui débarquent sur son territoire.
La commissaire européenne en charge de l'Immigration Cecilia Malmström a
pour sa part encouragé mercredi les partenaires européens de l'Italie à se montrer solidaires pour l'aider à faire face à cet afflux de migrants, tout en rappelant que la Commission ne peut pas faire davantage et que l'Italie a déjà reçu une aide financière substantielle.
L'Italie accuse régulièrement l'UE de l'avoir abandonnée dans sa lutte contre l'immigration clandestine. Depuis la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali à la mi-janvier, environ 20.000 immigrés sont arrivés en Italie, essentiellement des Tunisiens.
Le chef de la diplomatie italienne s'est cependant félicité du fait que les autorités tunisiennes aient bloqué 1.200 personnes au cours des dernières 48 heures, même si plusieurs débarquements ont eu lieu encore mercredi à Lampedusa, la petite île italienne située en face aux côtes tunisiennes qui a été submergée ces dernières semaines par une vague d'immigrés.
Jeudi matin, les premières évacuations de Lampedusa ont débuté. 1.450 personnes sont parties vers la région des Pouilles (sud) à bord du ferry Excelsior.
M. Frattini s'est dit par ailleurs convaincu qu'"avec l'encouragement de la communauté internationale, l'Union africaine pourrait demander très rapidement à Mouammar Kadhafi de se retirer", rappelant cependant qu'il n'y a toujours pas de proposition officielle concernant l'exil du leader libyen "sauf peut-être celle de l'Ouganda".
Dans ce contexte, il a annoncé la venue à Rome lundi de représentants des insurgés libyens.