
Le navigateur Franck Cammas, en tête depuis le départ de la course à Saint-Malo, continue de mener la flotte des participants de la Route du Rhum, mais Thomas Coville, qui bénéficie de vents plus favorables, reprend du terrain.
AFP - Franck Cammas, déjà le plus rapide autour de la planète en équipage, poursuivait jeudi son insolente cavalcade en tête de la flotte de la Route du Rhum, au sud-ouest des Açores, mais Thomas Coville, au nord-ouest de l'archipel, avait retrouvé vent et vitesse.
Les deux rivaux ont choisi des routes différentes pour contourner la bulle anticyclonique des Açores et l'option sud a jusqu'ici largement profité à Cammas, aux commandes d'un maxi-trimaran (Groupama 3/31,50 mètres) qui avale les milles avec une facilité déconcertante et tient des moyennes élevées.
Une fois passé cet obstacle, les routes des deux rivaux (et de tous ceux qui les suivent) vont fatalement converger avant le rush final vers Pointe-à-Pitre, terme de cette 9e Route du Rhum partie dimanche de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
Le temps à battre est celui établi en 2006 par Lionel Lemonchois: 7 jours, 17 heures et 19 minutes.
On va donc savoir assez rapidement si l'avance de Cammas sur Coville (346 milles, soit 622 km au pointage de 16h00 jeudi) sera suffisante pour qu'il reste en tête ou si le skipper du trimaran géant Sodebo (32 mètres) sera passé devant.
Jeudi après-midi, Coville avançait en tous cas presque deux noeuds (3,6 km/h) plus vite que Cammas (26,1 noeuds contre 24,3)... La messe n'est donc pas dite.
En embuscade
Derrière les deux ténors de cette formidable régate transatlantique, Yann Guichard (Gitana XI) et Francis Joyon (IDEC) -également sur la route sud- sont en embuscade, prêts à profiter de la moindre défaillance des leaders.
"Ce serait sympa d'imaginer un scenario où la flotte se regrouperait juste avant la Guadeloupe", a déclaré Joyon jeudi au cours d'une vacation radio. "Groupama 3 est tout le temps plus élevé en vitesse donc il faudrait vraiment un gros coup pour le passer", a tempéré Guichard.
En classe IMOCA, qui rassemble sur des monocoques de 18,28 mètres certains des meilleurs solitaires au monde, le vainqueur de la précédente édition (2006) Roland Jourdain (Veolia Environnement) s'est emparé mercredi des commandes. Jeudi après-midi, il était suivi d'Armel Le Cléac'h (Brit Air), Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec), Vincent Riou (PRB) et Marc Guillemot (Safran), tous sur la route nord.
Au sud, "le professeur" (son surnom) Michel Desjoyeaux (Foncia) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) accusaient un retard conséquent (respectivement 139,2 et 116,5 milles) par rapport à Jourdain. Pour eux, l'option sud ne semble pas avoir payé et peut-être ont-ils eu moins de vent que Cammas.
Dans la catégorie des Multi 50 (trimarans d'une quinzaine de mètres), Franck-Yves Escoffier -déjà triple vainqueur du Rhum dans cette classe- joue les patrons et possédait une avance confortable sur ses suivants immédiats, Yves Le Blévec (Actual) et Loïc Fecquet (Maître Jacques).
En Classe 40 (monocoques d'une douzaine de mètres), la flotte la plus représentée dans cette transat (42 concurrents encore en course), deux abandons ont été enregistrés: celui de l'Italien David Consorte (Adriatech) et celui du Norvégien Rune Aasberg (Solo), tous deux pour des problèmes mécaniques.
Dans cette classe, Thomas Ruyant (Destination Dunkerque), Samuel Manuard (Vecteur Plus) et l'Allemand Jörg Riechers (Mare.de) étaient aux commandes jeudi.
L'Italien Andrea Mura (Vento di Sardegna) continuait pour sa part de dominer la classe Rhum, des monocoques de types et tailles différents, devant Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) et Charlie Capelle (Acapella).