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Confrontés à des grèves dans les transports en commun et à une pénurie de carburant dans les stations-service pour cause de mouvement social contre la réforme des retraites, les Français se débrouillent comme ils peuvent pour continuer à se déplacer.

Les mouvements sociaux et la pénurie de carburant qui touche près d’un tiers des stations-service de France poussent de nombreuses personnes à s’organiser pour se déplacer, travailler ou s’approvisionner. Au cœur des différents systèmes D qui se mettent en place se trouve Internet. Que ce soit les sites de covoiturage ou de location de véhicules électriques, tous ont vu leur fréquentation décoller.

Le boom du covoiturage

Le premier site de covoiturage en France (www.covoiturage.fr) a ainsi connu un véritable boom depuis le début du mois d’octobre. "Les passagers cherchant des voitures pour des trajets domicile-travail sont passés de 30 000 à plus 60 000 par jour", relève Laure Wagner, responsable des relations presse du site.

Selon elle, la pénurie de carburant a également provoqué une hausse des "autosolistes", à savoir les personnes disposant d’un véhicule qui cherchent des passagers pour partager leur trajet. "La demande étant supérieure à l’offre, il n’y a, cependant, pas toujours de la place pour tout le monde", déplore-t-elle.

Natalie L., 43 ans, fonctionnaire chez France Télécom, s’est inscrite sur www.covoiturage.fr à cause des "grèves et de la pénurie de carburant, explique-t-elle, mais aussi pour des raisons écologiques".

Même si sa proposition de trajet entre Paris et Bagneux, dans la banlieue sud de la capitale, n’a pas encore reçu de réponse, celle-ci confie avoir une expérience positive du covoiturage en général. "Avant de m’inscrire sur le site, je l’avais déjà pratiqué sur de longues distances et cela s’est toujours bien passé."

Autre conséquence des mouvements sociaux en France : Natalie a augmenté son nombre d’heures de télétravail. Même pour faire ses courses, elle n’hésiterait pas à avoir recours à la Toile. "Si je n’avais pas un supermarché en bas de chez moi, je commanderais sur Internet, c’est sûr !", poursuit-elle.

La voiture électrique séduit

Lancé il y a neuf mois, le site Ecoloccar offre la possibilité de louer une voiture électrique à Paris, Cannes ou Nice. "Nous disposons d’une dizaine de véhicules dans chacune de ces villes, explique Sergio Sema, co-fondateur du site. Depuis le début de la pénurie d’essence, presque tous sont loués tous les jours, ce qui représente une hausse de 10 % à 20 % de notre activité par rapport à la période normale."

"Les gens qui nous appellent racontent qu’ils ne veulent pas prendre leur voiture, reprend Sergio Sema. Certains préfèrent garder le peu d’essence qu’il leur reste pour les cas d’urgence."

Si la voiture électrique est une façon écologique de contourner les longues files d’attente qui fleurissent devant les stations-service, il faut toutefois en payer le prix. À Paris, comptez 60 euros environ pour une journée de location. Un tarif qui comprend "le plein" et la carte permettant de stationner gratuitement dans la capitale.