
Le Parti de Dieu va remettre au gouvernement libanais les données présentées lundi par son chef, Hassan Nasrallah, comme des preuves de l'implication de l'État hébreu dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, en février 2005.
AFP - Le Hezbollah a indiqué vendredi qu'il remettrait aux autorités libanaises les données susceptibles selon lui d'impliquer Israël dans l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, deux jours après une demande du Tribunal spécial pour le Liban.
"Tout ce que demande une juridiction du Liban, nous lui fournirons, et ce qu'ils en feront relève de leur responsabilité", a déclaré à l'AFP Mohammad Fneich, ministre d'Etat pour la Réforme administrative, représentant du mouvement chiite dans le gouvernement d'union nationale.
"Notre position n'a toutefois pas changé: nos preuves sont dans les mains du gouvernement libanais (...) mais cela ne modifie pas notre point de vue sur le tribunal: il n'a aucune crédibilité", a ajouté M. Fneich.
Il faisait référence au Tribunal spécial pour le Liban, créé en 2007 par une résolution du
Conseil de sécurité des Nations unies et chargé de l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri.
Le procureur du TSL a demandé mercredi au Liban de lui soumettre les informations présentées lundi par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
A l'occasion d'un discours du chef du Hezbollah, le mouvement chiite a diffusé ce qu'il a présenté comme des images de reconnaissance israéliennes du site de l'assassinat de Hariri, prises avant le drame et "interceptées" par le mouvement.
"Dans le cadre de l’exécution de son mandat, le Bureau du Procureur a demandé aux autorités libanaises de lui transmettre toutes les informations en la possession du secrétaire général M. Hassan Nasrallah", a indiqué dans un communiqué le bureau du procureur du TSL, Daniel Bellemare.
Le bureau du procureur a invité également le chef du Hezbollah "à user de son autorité pour faciliter l’enquête".
Le 3 août, M. Nasrallah avait accusé Israël explicitement pour la première fois de l'assassinat de Hariri, commis le 14 février 2005 à Beyrouth.
La Syrie, une alliée du Hezbollah qui avait été montrée du doigt dans l'assassinat, a démenti toute implication. Les deux premiers rapports de la commission d'enquête de l'ONU avaient conclu à des "preuves convergentes" mettant en cause les renseignements syriens et libanais.