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Israël a commémoré mercredi les attaques du Hamas survenues sur son territoire le 7 octobre 2023, dont le souvenir pèse sur la campagne des élections législatives. Civils et proches des victimes se sont recueillis sur le site du festival de musique électronique Nova, où 348 jeunes gens avaient été exécutés par les activistes du Hamas, mais aussi à Tel-Aviv. 

Des Israéliens laissent exploser leur tristesse lors de la cérémonie de commémoration marquant le troisième anniversaire de l'attaque meurtrière du 7 octobre 2023 menée par le Hamas, à Tel-Aviv (Israël), mercredi 7 octobre 2026. © Shir Torem, Reuters

Recueillement sur le site du festival de musique électronique Nova, minute de silence à Kfar Aza, appels à rendre des compte à Tel-Aviv : Israël a commémoré mercredi l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, journée la plus meurtrière de l'histoire du pays, un anniversaire marqué par un climat politique houleux avant les élections législatives.

À Réïm, sur le site du festival de musique Nova, pris d'assaut lors de l'attaque du mouvement islamiste palestinien lancée depuis Gaza, des proches des victimes ont observé une minute de silence à 6 h 29 (3 h 29 GMT), heure précise du début de la tuerie qui avait fait ici plus de 370 morts.

"C'est la minute qui a changé nos vies à jamais", confie à l'Agence France-Presse (AFP) Katia Zohar, mère de Bar, tuée à l'âge de 23 ans à Nova. "Je me souviens de tout", dit-elle, "le moment où elle m'a appelée pour que je vienne la chercher parce qu'il y avait des missiles dans les airs. Puis (...) quand elle a appelé depuis la route, en hurlant qu'on lui tirait dessus."

À Kfar Aza, un kibboutz situé à quelques kilomètres de la bande de Gaza, où 64 personnes ont péri et 19 autres ont été enlevées, les habitants se sont également réunis en silence.

Zion Regev, l'un des représentants de la communauté, a déclaré que la plupart des résidents n'avaient pas encore réintégré leurs foyers, le traumatisme du 7-Octobre continuant de hanter leur mémoire. "C'est la première fois que nous faisons ça dans le kibboutz. C'est une journée très éprouvante", a-t-il dit à propos de la cérémonie, pendant laquelle un habitant a lu à haute voix les noms de chacune des victimes.

Les commémorations se déroulent cette année en pleine campagne électorale à l'approche des élections législatives du 27 octobre. Ce sont les premières depuis l'attaque du Hamas, et depuis l'entrée en vigueur en octobre dernier d'un fragile cessez-le-feu à Gaza, territoire ravagé par la guerre menée par Israël après le 7-Octobre, où les frappes israéliennes sont toujours régulières.

"En ce jour, le peuple s'unit dans le souvenir et la nostalgie de nos êtres chers", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Nous achèverons la mission : nous sommes là et nous demanderons des comptes à tous les meurtriers".

Des cérémonies se sont déroulées tout au long de la journée à plusieurs endroits d'Israël pour rendre hommage aux victimes de l'attaque sans précédent qui a entraîné la mort de 1 221 personnes, selon un décompte de l'AFP. Ce jour-là, 251 personnes avaient aussi été enlevées et emmenées à Gaza, dont 44 corps.

Des hommes en musique

Trois ans après, les appels se poursuivent en Israël pour la création d'une commission d'enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires de cette journée.

À Tel-Aviv, des militants ont dessiné sur la plage des silhouettes symbolisant les victimes et réclamé des comptes sur l'incapacité à empêcher l'attaque.

Les rivaux de Benjamin Netanyahu ont saisi l'occasion pour dénoncer "un échec colossal de l'État d'Israël", selon les mots de l'ex-Premier ministre Naftali Bennett.

Anna Davitashvili, 53 ans, a rendu hommage à son fils aîné Shaun, tué à l'âge de 25 ans, en diffusant le dernier morceau de musique techno sur lequel les fêtards dansaient lors de l'attaque. "Il me manque", reconnaît-elle, les larmes aux yeux.

"Nous sommes ici pour dire au monde : nous danserons à nouveau, nous vivrons à nouveau. Nous sommes une nation dans la souffrance, mais nous faisons preuve d'une résilience immense", a déclaré le président israélien Isaac Herzog, lors d'une cérémonie sur place en fin de journée.

Dans la soirée, dans un parc de Tel-Aviv, une cérémonie commémorative organisée par des survivants et des familles endeuillées a réuni plusieurs milliers de personnes autour de chansons, d'hommages et de vidéos. L'événement, retransmis sur les principales chaînes de télévision israéliennes, était co-animé par Eli Sharabi, ancien otage, qui a perdu son épouse et ses deux filles durant l'attaque et dont le frère a été tué en captivité.

"Ce soir, nous rendons hommage à la mémoire de ceux qui ont été assassinés et de ceux qui sont tombés au combat, et nous pensons à ceux qui ont été blessés et qui portent encore leurs cicatrices", a-t-il déclaré.

Les chefs de l'opposition, notamment le principal rival de Benjamin Netanyahu, Gadi Eisenkot étaient présents à cette cérémonie.

De nouvelles frappes sur la bande de Gaza

Le Hamas, bien qu'affaibli, contrôle toujours une partie de la bande de Gaza. Il a publié mercredi un communiqué dans lequel il qualifie le 7-Octobre de "jour glorieux de l'histoire de notre peuple".

Le président américain Donald Trump qui a dit à des journalistes avoir parlé avec Benjamin Netanyahu, a évoqué "une journée horrible, une tragédie horrible". "L'autre camp paie un prix très lourd pour ce qu'il a fait le 7 octobre, croyez-moi", a-t-il ajouté.

En représailles à l'attaque, Israël a lancé une vaste offensive à Gaza qui a fait plus de 74 200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Des journalistes de l'AFP à Réïm, près de la frontière, ont entendu mercredi de fortes explosions provenant du territoire palestinien, où cinq personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes selon des hôpitaux de Gaza, où la situation humanitaire reste désastreuse.

L'armée israélienne a affirmé que deux d'entre eux étaient des "terroristes" du Hamas.

Avec AFP et Reuters