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Les salariés de Total en grève font planer la menace d'une pénurie d'essence

Alors que les salariés d'Exxonmobil ont déposé un préavis de grève, les syndicats de Total durcissent leur mouvement. À trois semaines des régionales, le gouvernement souhaite à tout prix éviter que le conflit ne dure trop longtemps.

La grève illimitée lancée dans les six raffineries françaises de Total tombe au plus mal pour le gouvernement. À moins de trois semaines des élections régionales  - qui s’annoncent difficiles pour la majorité - et en pleines vacances scolaires, la menace d'une pénurie d’essence n'arrange en rien ses affaires.

Sur la radio Europe 1, ce lundi, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, s’est montré rassurant. "Le gouvernement prendra des dispositions pour que la France ne soit pas bloquée", a-t-il déclaré, ajoutant que les stocks permettaient un approvisionnement des stations-service pendant au moins 10 à 20 jours.
Un peu plus tôt, sur la radio RTL, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefèbvre, n’a pas hésité à soutenir l’action du syndicat à l’initiative de la grève. "La CGT se bat pour l'emploi", a-t-il déclaré avant d’exhorter le président de Total, Christophe de Margerie, à "mettre en conformité ses discours et ses actes, et le plus rapidement possible".
Dans un communiqué publié lundi matin, Christian Estrosi a adopté un ton plus incisif à l’égard du groupe pétrolier, exigeant que ce dernier prenne des "engagements chiffrés, fermes, précis et datés", à propos de la raffinerie de Dunkerque menacée de fermeture.
"Soit Total est en mesure d'apporter un projet précis et daté d'implantation de nouvelles activités, soit Total doit très rapidement redémarrer sa raffinerie de Dunkerque", indique le ministre. Christophe de Margerie "doit informer [les salariés] de ses intentions en rouvrant le site dès les prochains jours", poursuit-il.
Le conflit s’étend
Les salariés des six raffineries de Total, qui assurent la moitié de l’approvisionnement des pompes à essence françaises, et de 7 de ses 31 dépôts, sont en grève depuis mercredi. Ils protestent contre la très probable fermeture de la raffinerie de Dunkerque, à l’arrêt depuis septembre.
A l'issue de vives discussions avec la direction dimanche, la CGT a coupé court aux négociations et appelé à la grève illimitée dans toutes les raffineries de France. Les syndicats d’Exxonmobil ont décidé de suivre le mouvement en déposant un préavis de grève pour mardi. La raffinerie de Total à Gonfreville, en Seine-Maritime, sera à l'arrêt complet mardi soir, selon un représentant de la CGT. Il s’agit de la plus grande raffinerie de Total en France.
Dimanche, lors d’un entretien avec Christian Estrosi, Christophe de Margerie a promis de maintenir une activité industrielle sur le site de Dunkerque même après sa très probable fermeture.
Les quelque 370 salariés du groupe, auxquels s’ajoutent entre 400 et 450 employés de sous-traitants, devaient initialement être fixés sur leur sort le 29 mars, juste après les élections régionales, lors d’un comité d’entreprise exceptionnel. Face à la pression des grévistes, cette réunion a été avancée au 8 mars.