
Israël a annoncé vendredi avoir pris le contrôle de la crête montagneuse d'Ali Taher, dans le sud du Liban, une position stratégique du Hezbollah pro-iranien qui y aurait établi un centre de commandement souterrain.
Une victoire stratégique pour Israël au Liban ? L'armée israélienne a annoncé vendredi 4 septembre avoir pris le contrôle de la crête d'Ali Taher, dans le sud du pays, abritant des tunnels où étaient retranchés des combattants du Hezbollah.
Le groupe pro-iranien n'a pas confirmé la perte de cette position située à une dizaine de km de la frontière avec Israël, autour de laquelle des violences se concentraient depuis des semaines.
Israël avait déjà pris fin mai le contrôle d'une autre position stratégique dans le sud du Liban, la forteresse médiévale de Beaufort qui est proche de la crête.
Le mouvement islamiste Hezbollah a entraîné en mars le Liban dans la guerre régionale en solidarité avec l'Iran, mais les violences ont baissé d'intensité depuis l'entente entre l'Iran et les Etats-Unis en juin, parallèlement à un accord entre le Liban et Israël.
Pendant les négociations entre le Liban et Israël, les États-Unis, parrains des pourparlers, ont proposé que l'armée libanaise prenne le contrôle de la crête de Ali Taher, mais le Hezbollah a refusé, a indiqué à l'AFP une source proche des participants.
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a affirmé vendredi que "la prise de la crête d'Ali Taher marque l'achèvement du contrôle (par Israël, ndlr) de la zone de sécurité dans le sud du Liban".
La crête qui surplombe la ville de Nabatiyé et les villages environnants se trouve à la lisière de la zone occupée par Israël dans le sud.
Selon l'expert militaire Riad Kahwaji, sous cette crête se trouverait "un réseau de tunnels" qui "connecte les villages aux alentours".
Pont vers un fief du Hezbollah
L'armée israélienne a affirmé que ce "réseau souterrain stratégique" comprenait "des centres de commandement et des salles de stockage d'armes" et qu'il avait été construit sur "plus de deux décennies".
Riad Kahwaji, qui dirige le centre Inegma, souligne la position stratégique de cette crête qui commande l'accès à l'Iqlim al-Touffah, une région plus éloignée de la frontière considérée comme un fief du Hezbollah, ainsi que l'ouest de la plaine de la Békaa, région dans l'est du pays.
"Le contrôle de cette crête donnerait aux Israéliens un accès aisé à ces deux régions", explique-t-il.
Dans un entretien avec des journalistes dont l'AFP en août, le porte-parole du Hezbollah Youssef al-Zein avait refusé de préciser le nombre de combattants du Hezbollah retranchés dans cette position mais démenti la présence de conseillers ou de combattants iraniens, comme l'avaient rapporté des médias.
Il avait affirmé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu "exagérait" l'importance de cette position "à des fins électorales".
La crête d'Ali Taher se trouve au nord du fleuve Litani, qui marque la limite des zones où le Hezbollah a accepté d'être désarmé après la guerre précédente avec Israël, qui s'est terminée en novembre 2024.
Lors de la dernière guerre qui a éclaté en mars, les bombardements aériens israéliens ont fait plus de 4300 morts, selon les autorités libanaises.
Avec AFP
