logo

L'OMS annonce le premier essai d'un antiviral contre Bundibugyo, le variant du virus Ebola
L'Organisation mondiale de la santé a annoncé, mardi, le lancement du premier essai clinique visant à évaluer l'efficacité d'un médicament. L'antiviral obeldesivir sera testé sur près de 1 000 patients asymptomatiques et exposés à Bundibugyo, le variant du virus Ebola qui se propage en RD Congo. 
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'adresse aux médias au sujet de l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda, lors d'une conférence de presse le vendredi 22 mai 2026, au siège de l'OMS à Genève, en Suisse. © Martial Trezzini, AP

"Chaque découverte commence par l'espoir", a écrit le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, Le premier essai clinique visant à évaluer l'efficacité d'un antiviral chez des patients exposées à la souche mortelle d'Ebola qui touche la République démocratique du Congo a commencé mardi 14 juillet, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'essai, appelé EBO-PEP, vise à évaluer l'efficacité d'une prophylaxie post-exposition (PEP) avec l'antiviral obeldesivir sur des patients ayant été en contact avec des cas confirmés de Bundibugyo, le variant du virus qui se propage en RD Congo.

Le médicament expérimental, administré par voie orale et développé par le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences, a montré son efficacité dans des modèles précliniques contre des virus appartenant à la grande famille des filovirus, responsables de fièvres hémorragiques.

Les essais cliniques sont effectués quand un médicament prometteur est testé sur l'être humain.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a confirmé le lancement de l'essai dans une publication sur X. "Si ce traitement s'avère efficace chez les personnes à haut risque après exposition, cela pourrait représenter un progrès majeur" dans la prévention du développement de la maladie chez les cas contacts, a-t-il ajouté.

Il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement reconnu pour le variant Bundibugyo.

Selon les derniers chiffres officiels publiées par les autorités sanitaires de RDC, cette espèce rare du virus Ebola a infecté plus de 1 960 personnes et en a tué plus de 700.

Recrutement d'un millier de personnes asymptomatiques

L'épidémie a été déclarée le 15 mai après plusieurs décès en Ituri, une province du nord-est riche en minerais et sous la coupe de groupes armés.

Des cas d'Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, ont été détectés dans cinq provinces de la RDC ainsi que dans l'Ouganda voisin. Mais plus de 90 % des cas continuent d'être détectés en Ituri.

Les premiers patients pour l'essai de l'obeldesivir sont recrutés dans les centres PEP installés à proximité des centres de traitement Ebola gérés par l'ONG Alliance pour l'action médicale internationale (Alima) à Bunia et Rwampara, en Ituri.

L'objectif est de recruter près de 1 000 participants âgés de 12 ans et plus, qui ont été en contact direct avec un cas confirmé au cours des cinq jours précédents, mais qui ne présentent aucun symptôme.

Chaque participant sera suivi quotidiennement pendant 21 jours, avec une visite finale à 42 jours.

Plus tôt mardi, l'OMS a indiqué que l'épidémie de Bundibugyo en RDC pourrait être au moins deux à quatre fois plus importante que ne le laissent penser les chiffres officiels. De retour de Bunia, le directeur des opérations d'urgence de l'OMS, Chikwe Ihekweazu, a déclaré aux journalistes à Genève que l'épidémie "continue de dépasser les efforts de riposte".

Le test de ces deux traitements potentiels pour les patients touchés par le Bundibugyo a débuté en Ituri le 2 juillet. Il évalue l'efficacité de l'anticorps monoclonal MBP134 et de l'antiviral remdesivir, seuls et en association.

L'essai durera des mois, pourrait même se prolonger l'année prochaine et pourrait nécessiter plus de 1 000 patients pour fournir des réponses définitives.

Avec AFP