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Face aux "interfaces addictives" d'Instagram et Facebook, l'UE exige des "changements" de Meta
L'union européenne a demandé vendredi à Meta de changer les interfaces de Facebook et Instagram, les jugeant trop "addictives". La Commission reconnait que "Meta a toujours essayé d'agir en matière de protection des mineurs", mais qu'elle doit "obtenir des changements" du géant de la tech américaine.
L'Union européenne a ordonné à Meta de modifier les interfaces de Facebook et Instagram qu'elle juge trop "addictives". © Nicolas Tucat, AFP

Meta dans le viseur de l'UE. Le géant de la tech américaine se voit imposer par l'Union européenne de changer ses interfaces Facebook et Instagram. Bruxelles reproche à Meta de ne pas avoir correctement évalué et limité les risques d'addiction qui peuvent se développer sur les plateformes, dont les fonctions servent retenir l'attention.

Il s'agit notamment des flux illimités de contenus, des recommandations hautement personnalisées, ou encore du lancement automatique des vidéos. Autant de fonctions qui visent à gonfler les recettes publicitaires des deux plateformes, en incitant les utilisateurs à "scroller" sans limite.

"Ces fonctionnalités alimentent le besoin des utilisateurs de continuer à faire défiler les contenus, et bascule leur cerveau en mode 'pilotage automatique', contribuant à des comportements mauvais pour la santé et à des usages compulsifs", a expliqué la Commission européenne.

En outre, l'exécutif européen n'est pas satisfait des contrôles parentaux intégrés à Facebook et Instagram, qui seraient trop compliqués à gérer, ni des réglages pour limiter le temps d'écran des ados.

Faut-il interdire les réseaux aux ados ?

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Image de couverture : © France 24
42:13

"Nous contestons ces conclusions préliminaires, qui ne prennent pas en compte les mesures importantes que nous avons prises pour protéger les ados", a réagi un porte-parole de Meta, contacté par l'AFP.

"Nous partageons la volonté de la Commission européenne d'offrir un environnement en ligne sûr et positif", a ajouté l'un des géants de la tech, qui rappelle que ses comptes dédiés aux ados, lancés il y a deux ans, permettent aux parents "de bloquer Instagram durant la nuit et limiter le temps d'écran en journée à seulement 15 minutes".

La Commission européenne a émis ces injonctions préliminaires dans le cadre d'une enquête lancée en mai 2024 contre le groupe de Mark Zuckerberg, soupçonné de ne pas en faire assez pour protéger les mineurs en ligne.

"Il y a une différence entre TikTok et Meta"

Cette procédure est menée au titre du règlement européen sur les services numériques (le DSA), au nom duquel Bruxelles a adressé en début d'année une demande similaire à TikTok.

"Protéger la santé physique et mentale des Européens doit être une priorité pour les réseaux sociaux. Le DSA nous donne un cadre pour les mettre face à leurs responsabilités", a affirmé la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen.

Meta aura maintenant la possibilité de se défendre et de proposer des mesures pour remédier aux manquements qui lui sont reprochés.

Face aux "interfaces addictives" d'Instagram et Facebook, l'UE exige des "changements" de Meta
L'UE n'est pas satisfaite des contrôles parentaux intégrés à Facebook et Instagram, qui seraient trop compliqués à gérer, ni des réglages pour limiter le temps d'écran des ados. © Nicolas Tucat, AFP

Mais si la Commission européenne n'est pas satisfaite, le géant technologique américain pourrait se voir infliger une lourde amende, pesant jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires annuel mondial.

Cependant "ce que nous voulons, c'est obtenir des changements", a assuré une autre responsable de la Commission, reconnaissant qu'"il y a une différence entre TikTok et Meta, dans le sens où Meta a toujours essayé d'agir en matière de protection des mineurs", notamment via les comptes dédiés aux ados.

Dans le cadre de cette même enquête européenne, le groupe basé à Menlo Park en Californie avait également été accusé il y a quelques mois de laisser de nombreux enfants de moins de 13 ans accéder à Facebook et Instagram, les exposant ainsi à de multiples risques pour leur bien être et leur développement physique et mental.

"Subway surfing" aux États-Unis : une mère endeuillée poursuit Meta et TikTok en justice

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Image de couverture : Focus. © France 24
05:57

Le groupe fait face à des accusations similaires aux États-Unis. En mars, un jury de Los Angeles a condamné Meta et Google à verser six millions de dollars à une jeune femme, les jugeant responsables du caractère addictif de leurs plateformes respectives Instagram et YouTube, une première historique.

Ces procédures européennes visant Meta s'inscrivent dans une plus large offensive de Bruxelles pour renforcer la protection des enfants et adolescents en ligne. Bruxelles réfléchit à des mesures harmonisées au niveau européen pour limiter leur accès aux réseaux sociaux.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen doit recevoir lundi les conclusions d'un comité d'experts à ce sujet, et devrait annoncer des décisions à la rentrée.

Avec AFP