
Des habitants recherchent des membres de leur famille disparus, suite aux séismes du 24 juin, à La Guaira, mardi 7 juillet 2026. © Gaby Oraa, Reuters
Les recherches de disparus se poursuivent après les puissants séismes du 24 juin. Et le gouvernement vénézuélien s'attelle afin de rouvrir le principal aéroport du pays aux vols commerciaux "dès que possible".
Le bilan du double séisme s'élève désormais à 3 685 morts, selon un communiqué des autorités qui évitent de parler de disparus. Les Nations unies estiment qu'il pourrait atteindre 50 000, certaines projections avançant plutôt un chiffre proche de 10 000.
La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a annoncé mardi via Telegram "l'activation immédiate d'un plan alternatif qui permettra la reprise des vols commerciaux dès que possible sur la piste parallèle de l'aéroport".
L'aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía, qui dessert Caracas, est situé à La Guaira, épicentre du double séisme de magnitude 7,2 et 7,5 qui a réduit en ruines des dizaines d'immeubles résidentiels.
Des pelleteuses déblaient des montagnes de débris dans cet État côtier, d'où plusieurs équipes de secours étrangères se retirent après n'avoir trouvé aucun signe de vie près de deux semaines après les secousses.
Estefany Suárez, 31 ans, vit avec ses deux jeunes enfants sous une tente. Sa maison, située dans le quartier de Caraballeda, durement touché, se trouve en situation de "haut risque".
"Ils ont pillé les supermarchés, alors ils n'ouvrent plus. Ils distribuent des couches, ce qui est une bonne chose", explique Suárez, trouvant du réconfort dans un point de collecte de dons où sont déposés du savon, des serviettes et des jouets.
Implication américaine
Des avions militaires américains survolent fréquemment la région et atterrissent sur la piste de l'aéroport de Maiquetía, partiellement ouvert pour les vols humanitaires et dont les infrastructures ont été considérablement endommagées.
La présidente du Venezuela a indiqué samedi être "en contact" avec certains pays qui allaient "contribuer à la remise en état" de l'aéroport, sans donner plus de précisions.
Delcy Rodríguez a pris le pouvoir au Venezuela après la chute du président de gauche Nicolás Maduro lors d'une opération militaire américaine en janvier. Depuis, il gouverne sous la pression intense de Washington, qui s'est autoproclamé maître de ce pays riche en pétrole. Des militaires et des spécialistes américains collaborent à la réouverture de l'aéroport afin de faciliter l'acheminement de fournitures et d'équipements.
Lors d'une conférence de presse téléphonique, le chargé d'affaires américain, John Barrett, a déclaré que les autorités américaines étaient déjà en discussion avec les compagnies aériennes commerciales américaines pour la reprise des vols.
"Des travaux restent à effectuer sur l'infrastructure pour permettre la reprise des opérations commerciales à l'aéroport", a indiqué John Barrett, sans toutefois préciser de date.
Le commandant du Commandement Sud des États-Unis, le général Francis Donovan, a précisé lors de cette même conférence que des militaires américains participent au contrôle aérien afin de garantir la sécurité des atterrissages, ainsi que des opérations de fret au sol à l'aéroport.
Près de 2 000 militaires américains ont été déployés dans la région pour faire face à la catastrophe. Par ailleurs, l'USS Fort Lauderdale est amarré au port de La Guaira pour contribuer à l'acheminement de l'aide humanitaire.
De nombreux survivants se sont retrouvés sans abri ou dans des abris de fortune aménagés dans des parcs, sans perspective d'avenir. Selon le dernier rapport gouvernemental, plus de 16 000 personnes ont été laissées sans domicile.
Les Nations unies estiment les pertes à 6,7 milliards de dollars, soit 6 % du PIB du pays, plongé dans une grave crise depuis des années.
Avec AFP
