
Un militaire du Service national des gardes-frontières d'Ukraine lance un drone pour un vol de patrouille le long de la frontière ukraino-biélorusse dans la région de Tchernigi, le 1er juin 2026. © Genya Savilov, AFP
L'Ukraine a annoncé, mardi 7 juillet, la signature d'accords de coopération en matière de drones militaires avec plusieurs pays européens, après le lancement d'un mécanisme permettant à ses partenaires d'acheter des armes et des technologies ukrainiennes.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit avoir conclu des accords avec le Danemark, les Pays-Bas, l'Estonie et se préparer à le faire avec l'Allemagne, la Finlande, la Norvège et le Canada.
Selon le mécanisme annoncé par Kiev début juillet, les pays avec lesquels l'Ukraine a conclu des accords auront "la possibilité d'acheter des armes et des technologies ukrainiennes et de travailler directement avec les fabricants ukrainiens".
Pour lutter contre l'invasion russe, l'Ukraine est dépendante de ses alliés occidentaux pour lui fournir de nombreuses catégories d'armements, mais elle a aussi développé ses propres technologies dans certains domaines, notamment en matière de drones et de lutte antidrone.
Le ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, avait averti que l'exportation d'armements serait possible seulement si "l'approvisionnement de l'armée ukrainienne" était "garanti".
Mardi, le Parquet ukrainien a, de son côté, annoncé enquêter sur des détournements de fonds d'un montant de 7 milliards d'hryvnias (environ 137 millions d'euros) dans le cadre de la fourniture de drones aux forces armées ukrainiennes.
"L'enquête examine une hypothèse selon laquelle le coût des drones aurait été artificiellement gonflé" par les entreprises ayant remporté le contrat avec le ministère de la Défense, a expliqué cette structure.
La police a perquisitionné les locaux de plusieurs entreprises et découvert "d'importantes sommes d'argent liquide" mais aucune personne n'a pour l'heure été arrêtée, selon la même source.
Selon les chiffres de l'institut allemand Kiel, l'Ukraine a reçu plus de 214 milliards d'euros d'aide de la part des pays européens et plus de 115 milliards d'euros de la part des États-Unis depuis 2022.
Zelensky vante ce que l'Ukraine pourrait apporter à l'Otan
Dans la foulée de cette annonce, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vanté que l'Ukraine pourrait apporter des capacités de défense "extraordinaires" à l'Otan si elle pouvait en devenir membre. Il a également appelé l'Alliance atlantique à faire preuve de plus de "détermination" dans son aide à la défense aérienne de l'Ukraine, au moment où la Russie multiplie les attaques de missiles, notamment balistiques contre les villes et les infrastructures de son pays.
"L'Ukraine a sa place au sein de l'Otan, car l'Otan avec l'Ukraine est l'alliance de l'avenir", a-t-il martelé devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Alliance. L'Ukraine veut rejoindre l'Alliance atlantique, mais les États-Unis de Donald Trump s'y opposent.
"Pensez-vous vraiment que ce serait la bonne chose à faire que de laisser à l'extérieur de l'Otan un pays et un peuple avec ce niveau de capacités de défense ?", a lancé le président ukrainien au premier jour du sommet de l'Alliance.
L'Ukraine a développé plus de quatre ans après son invasion à grande échelle par la Russie une expertise et un savoir-faire en matière de drones, mais elle est aussi parvenue en peu de temps à créer de toutes pièces une capacité de production de missiles, comme le missile de croisière Flamingo.
Cette capacité n'est toutefois pas suffisante pour protéger l'Ukraine à 100 % des frappes lancées quotidiennement par la Russie. "Nous sommes capables de tout faire nous-mêmes, mais lorsqu'il s'agit de défense aérienne, nous avons besoin de la détermination de nos partenaires. Que davantage de détermination et davantage de décisions en matière de défense aérienne soient l'un des résultats clés de ce sommet de l'Otan", a aussi dit Volodymyr Zelensky.
L'Ukraine réclame notamment davantage de missiles Patriot, de fabrication américaine, particulièrement efficaces dans l'interception des missiles balistiques russes, mais après des semaines de guerre au Moyen-Orient, les stocks sont limités.
Avec AFP
