
Le militant français de la lutte contre le trafic de drogue Amine Kessaci au Sénat à Paris, le 26 février 2026. © AFP (archive)
Quatre nouveaux suspects ont été mis en examen et écroués dans le cadre de l'enquête sur le meurtre en novembre à Marseille de Mehdi Kessaci, portant leur nombre à 11, a annoncé mardi 7 juillet la procureure de la République anti-criminalité organisée, Vanessa Perrée.
Mehdi Kessaci était le frère d'Amine Kessaci, militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic.
Les quatre nouveaux suspects ont été mis en examen notamment pour "meurtre et tentative de meurtre en bande organisée" et "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", a expliqué Mme Perrée dans un communiqué.
Sollicités par l'AFP, les avocats de deux des mis en cause n'ont pas souhaité s'exprimer.
Des suspects déjà connus de la justice
Une première vague d'interpellations menée à Marseille et dans le département de l'Hérault "avait permis le placement en garde à vue de 10 individus le 23 mars 2026, puis la mise en examen de six d'entre eux" et leur placement en détention provisoire, a rappelé le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).
Le 18 mai, un septième individu avait été interpellé puis mis en examen et également incarcéré.
"La poursuite des nombreuses investigations réalisées par les enquêteurs a permis, le 30 juin, les interpellations de quatre nouveaux individus, trois hommes et une femme, âgés entre 20 et 25 ans", a expliqué Mme Perrée.
"Tous sont déjà connus de la justice, trois d'entre eux étant actuellement incarcérés pour autre cause", a-t-elle noté.
Mme Perrée a souligné que l'enquête avait mis au jour "des éléments graves ou concordants laissant à penser que ces quatre individus seraient susceptibles d'avoir, pour certains, joué un rôle actif dans les différents passages à l'acte (...), pour d'autres, dans la chaîne de donneurs d'ordres".
Amine Kessaci ciblé
L'assassinat de Mehdi Kessaci avait provoqué une onde de choc.
Les enquêteurs de la police judiciaire et de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), qui voient dans ce meurtre la main de la DZ Mafia, un gang marseillais de narcotrafiquants, sont parvenus à déterminer que les tueurs s'étaient "trompés de cible" et qu'ils visaient Amine Kessaci.
Militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, Amine Kessaci est devenu 4e adjoint au maire de Marseille, Benoît Payan, à l'issue des élections municipales fin mars.
Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années (24 morts en 2024, après le record de 2023 avec 49 morts liés à une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône).
Avec AFP
