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En Allemagne, près de 20 000 manifestants contre le congrès du parti d’extrême droite AfD
Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi à Erfurt, dans l'est de l'Allemagne. Ils ont bloqué les principaux axes routiers et perturbé les transports publics afin d'empêcher le congrès annuel de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD). Cependant, les membres du parti d'extrême droite ont réussi à rejoindre l'événement.
Des manifestants arborent une pancarte "Stoppez AfD-nazis" et une autre montrant un responsable régional de l'AfD semblant effectuer un salut nazi, avec la mention "Plus jamais ça - pas de tribune pour l'AfD" à Erfurt, dans l'est de l'Allemagne, le 4 juillet 2026. © Ralf Hirschberger, AFP

"1933 à 1945 ne doit plus jamais se reproduire", a déclaré une manifestante en référence à l'occupation nazie en Allemagne lors d'un rassemblement contre l'extrême droite. Face à la montée de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans les sondages, près de 20 000 personnes ont convergé samedi 4 juillet vers la ville d'Erfurt où se tenait le congrès annuel du parti.

Les manifestants se sont déplacés dans d'énormes convois de bus, selon la police, pour empêcher la tenue de l'événement. Cependant, la plupart des délégués de l’AfD ont réussi à rejoindre le centre des congrès, a indiqué la police. Il a commencé à l'heure.

"L’AfD est un parti antidémocratique qui diffuse la haine"

"Il est important d’envoyer un signal contre la dérive vers la droite", a déclaré à l’AFP la manifestante Lene Krug, 19 ans, originaire de Gera, à l’est d’Erfurt.

"L’AfD est un parti antidémocratique qui diffuse la haine", a ajouté la jeune femme en formation pour devenir infirmière, qui se rend à sa toute première manifestation.

Les premières heures des manifestations se sont déroulées pacifiquement. Seules de légères échauffourées ont été signalées, des milliers de policiers étant déployés pour protéger le congrès.

En Allemagne, près de 20 000 manifestants contre le congrès du parti d’extrême droite AfD
Une manifestation contre le congrès de l'AfD à Erfurt, en Allemagne, le 4 juillet 2026. © Ralf Hirschberger, AFP

"Exprimer des opinions est légitime (...) la violence et la casse ne le sont pas", a insisté vendredi dans un message vidéo le maire CDU (droite) d'Erfurt, Andreas Horn.

À l'ordre du jour, la réélection des coprésidents de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, qui ont fait de ce parti anti-immigration et prorusse la première force d'opposition du pays lors des législatives de 2025.

Pour les détracteurs de l'AfD, combattre ce parti est un devoir, du fait du poids du passé nazi et des efforts, selon eux, de mettre fin à la politique de mémoire et de contrition de l'Allemagne.

Certains voient dans la tenue du congrès de l’AfD à Erfurt le jour du 100e anniversaire d'un congrès nazi tristement célèbre à Weimar, tout près de là, une provocation délibérée, ce que la formation dément, évoquant un hasard du calendrier.

En Allemagne, près de 20 000 manifestants contre le congrès du parti d’extrême droite AfD
Tino Chrupalla agite un drapeau allemand aux côté d'Alice Weidel lors du congrès de l'AfD, à Erfurt, en Allemagne, le 4 juillet 2026. © John Macdougall, AFP

Des élections régionales à venir

À l'ouverture du congrès, Tino Chrupalla, s’en est pris aux manifestants, estimant qu’ils avaient été "amenés ici depuis tout le pays par les partis de l’establishment dans des camions". "Ils protestent contre la prise de décision démocratique. Ils pensent être les seuls à détenir la démocratie", a‑t‑il déclaré dans son discours.

Certains membres de l’AfD semblaient presque se réjouir de la perspective d’une confrontation.

"Le compte à rebours vers la guerre civile à Erfurt est lancé", a écrit cette semaine sur X la députée AfD Beatrix von Storch, lançant à ses adversaires : "Vous n’avez que la violence. Nous avons les arguments".

L'Allemagne, marquée par son passé nazi, a longtemps résisté à l'essor électoral de l'extrême droite. Mais la crise migratoire de 2015, des attaques islamistes, des crimes commis par des étrangers et une profonde crise du modèle économique allemand ont alimenté sa popularité, en particulier dans l'Est du pays.

L'AfD peut même espérer prendre le contrôle d'un voire deux Länders (États) de l'Est en septembre, à l'occasion d'élections régionales, ce qui serait une première.

En Allemagne, près de 20 000 manifestants contre le congrès du parti d’extrême droite AfD
Des manifestants arborent des pancartes "Stop AfD" et "Pas de place pour les nazis" à Erfurt, en Allemagne, le 4 juillet 2026. © Ralf Hirschberger, AFP

"Je n'aurais jamais pensé qu'un parti de la droite radicale deviendrait le plus fort en Allemagne de mon vivant", confie à l’AFP Manfred Guellner, directeur de l’institut de sondage Forsa.

Ce genre de face-à-face n'est pas une première. En novembre dernier, 25 000 manifestants ont tenté de bloquer la tenue à Giessen (ouest) du congrès fondateur de la jeunesse de l'AfD. Des affrontements avec la police avait eu lieu, mais le rassemblement du parti avait finalement pu se tenir.

Avec AFP