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En France, avocats et magistrats en colère dénoncent le manque de moyens
En affichant une rare unité d'appel entre acteurs de la chaîne pénale, avocats, magistrats et fonctionnaires du ministère de la Justice se sont réunis devant les tribunaux de France lundi après-midi. Outre le manque de moyens, ils reprochent au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, d'avoir "jeté en pâture" les magistrats après le meurtre de Lyhanna.
Des avocats français participent à une manifestation organisée dans le cadre de la journée nationale d'action "Justice pénale morte", devant le tribunal de Paris, le 29 juin 2026. © Thomas Samson, AFP

Avocats et magistrats étaient appelés à une journée "Justice morte" lundi 29 juin, pour dénoncer le manque de moyens et les propos du garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

Union dans l'appel mais diversité dans les mots d'ordre : leurs organisations ont demandé aux avocats, magistrats et fonctionnaires du ministère de la Justice, de se réunir devant les tribunaux judiciaires de France à la mi-journée.

Dans le ressort de la Cour d'appel de Paris, le plus grand de France, ils étaient à la mi-journée quelques dizaines de protestataires, parfois en tenue d'avocats ou de magistrats, sur les marches du Palais de justice de l'île de la Cité ou devant le tribunal judiciaire, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans certains tribunaux, comme à Bobigny, le deuxième de France, les avocats sont appelés à "une grève des audiences et des permanences".

Ailleurs, ce sont les comparutions de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) qui ne sont pas assurées, indique un président de tribunal judiciaire.

Des magistrats "jetés en pâture", dénonce l'USM

L'union syndicale des magistrats (USM), principale organisation de la profession, qui appelle à des débrayages mais pas à une journée "Justice morte", avait livré, vendredi, une violente charge contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin, lui reprochant d'avoir "jeté en pâture" les magistrats après le meurtre de Lyhanna.

Marqué à gauche, le Syndicat de la magistrature, deuxième organisation, a "bon espoir" que la mobilisation soit au rendez-vous. Bien que divers, "les messages sont tout à fait cohérents. On est tous pour une justice qui fonctionne" et qui offre les moyens de "prioriser les procédures les plus importantes", ce qui n'est pas le cas actuellement, a relevé Stéphane Fischesser, secrétaire national du SM.

"Un projet de loi inepte"

Les avocats, notamment pénalistes, protestent contre ce qu'il reste de la loi sur la justice criminelle, largement vidée de sa substance quand Gérald Darmanin a renoncé à introduire une procédure de "plaider-coupable" en matière criminelle.

Ils restent opposés au développement prévu des procès devant les cours criminelles départementales plutôt qu'aux assises, aux nouvelles règles sur les délais de procédure.

C'est "un projet de loi inepte", a déclaré le président de la Conférence des bâtonniers, Christophe Bayle, qui représente les 163 barreaux de France.

Dans ces appels à la mobilisation d'avocats et de magistrats, les prisons sont les grandes absentes, malgré une crise particulièrement aiguë avec le sous-effectif chronique des surveillants pénitentiaires, la vétusté des locaux et une surpopulation carcérale. Celle-ci ne cesse de battre des records avec le probable franchissement prochain de la barre des 90 000 détenus pour moins de 65 000 places.

Avec AFP