
L'attaquant français Ousmane Dembélé face à son homologue suédois Anthony Elanga. © Studio Graphique FMM
L'équipe de France a passé sans encombre la phase de poules de la Coupe du monde grâce à sa brillante ligne d'attaque. Les Bleus ont terminé en tête du groupe I en réalisant un parcours sans faute, avec trois victoires contre le Sénégal, l'Irak et la Norvège. À la veille de leur premier match à élimination directe en 16es de finale contre la Suède, mardi 30 juin, les Français apparaissent en position d'ultra favori.
Avec dix buts inscrits en trois matches dans un groupe I compliqué, l'attaque française n'a pas failli à sa réputation et a été à l'heure au rendez-vous. Si Kylian Mbappé (4 buts) et Michael Olise (3 passes décisives) ont démarré tambour battant la compétition, le réveil d'Ousmane Dembélé est venu ajouter une arme supplémentaire à la panoplie des Bleus.
Déjà buteur contre l'Irak (3-0), le Ballon d'Or s'est fendu d'un magnifique triplé vendredi pour éteindre la Norvège (4-1), une performance qui a de quoi le libérer définitivement pour la suite. La confiance du Parisien est désormais au top et le trio magique qu'il forme avec Mbappé et Olise tourne à plein régime.
"Les joueurs talentueux, de très haut niveau, peuvent jouer ensemble. Quand plusieurs joueurs sentent le football, c'est tout bénéfique pour l'équipe de France. Ousmane, Michael et Kylian, ils parlent le même football", a estimé après le large succès contre les Norvégiens l'entraîneur adjoint Guy Stéphan, qui a suppléé exceptionnellement sur le banc Didier Deschamps, endeuillé par le décès de sa mère et rentré en France pour assister à ses obsèques.
Pour afficher ce contenu Instagram, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixDes doutes en défense
Si le centre de gravité des Bleus s'est clairement déplacé vers l'attaque avec la mise en place d'un schéma tactique en 4-2-3-1, la question cruciale de l'équilibre global de l'équipe n'a toujours pas été résolue. Un vrai chantier, l'adversité étant vouée à se durcir avec le début des rencontres à élimination directe.
Après avoir réussi à rendre sa cage inviolable face à l'Irak et avoir mis fin à une série noire de six sorties consécutives avec au moins un but encaissé, la France est en effet retombée dans ses travers devant la Norvège.
Didier Deschamps ne compte pas dans l'immédiat renoncer à sa nouvelle philosophie offensive, mais le onze tricolore penche un peu trop vers l'avant, ce qui expose forcément une défense parfois livrée à elle-même. D'autant que les latéraux restent d'une fébrilité inquiétante.
Pour afficher ce contenu Instagram, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixJules Koundé s'en est sorti honorablement à droite vendredi, mais sans non plus être éblouissant. Théo Hernandez a lui connu de grandes difficultés à gauche, concédant un penalty en seconde période, stoppé par Mike Maignan. Lucas Digne devrait donc faire son retour dans le onze de départ face à la Suède, apportant davantage de sécurité défensive et un jeu plus régulier dans son couloir.
La mise au repos vendredi de William Saliba, qui forme une redoutable charnière centrale avec Dayot Upamecano, a sans doute pesé, mais la défense reste globalement un point d'interrogation.
"On a une équipe pimpante, qui a des étincelles avec des feintes, des dribbles. Le revers de la médaille, c'est qu'il y a un déséquilibre. Il faut l'assumer, mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler pour s'améliorer. Il y a des périodes où l'on tombe dans la facilité, on a tendance à faire moins de courses, ce qui donne des situations à l'adversaire, c'est ce qu'il faut gommer", a jugé Stéphan.
Plus haut sur le terrain, Bradley Barcola devrait remplacer Désiré Doué sur le côté gauche de l'attaque française, alors que Deschamps recherche davantage de courses directes, de vitesse en transition et d'espaces pour élargir le jeu à l'opposé de l'axe Olise-Mbappé-Dembélé.
Ce changement ne modifierait pas l’équilibre général des Bleus, mais pourrait leur offrir un côté gauche plus cohérent face à une équipe suédoise susceptible de défendre en profondeur, d’attaquer sur coups de pied arrêtés et de chercher à exploiter les espaces derrière la défense française, qui s’est parfois fait surprendre.
"Nous croyons en nous"
La Suède se présente comme un adversaire coriace plutôt que spectaculaire. Elle a terminé deuxième du groupe F derrière les Pays-Bas. Qualifiée pour le Mondial via les barrages, la sélection scandinave a débuté son tournoi par une victoire en trompe-l'œil contre la Tunisie (5-1), un adversaire faible qu'elle a assommé en seconde période, plutôt tardivement.
L'équipe dirigée par l'Anglais Graham Potter a ensuite coulé à pic contre les Pays-Bas (défaite 5-1), transpercée sur les côtés et punie pour sa naïveté dans sa surface de réparation. Elle a terminé par un match nul sans saveur contre le Japon (1-1), lors duquel elle n'a vraiment commencé à jouer qu'une fois menée.
"Nous avons beau être l'outsider, nous croyons en nous", a cependant dit dimanche l'attaquant de la Suède, Viktor Gyökeres. "On a vu dans beaucoup de matches de ce tournoi qu'on peut gagner des matches [sans être le favori, NDLR]", a-t-il ajouté durant un point presse au stade du FC Dallas, après un entraînement organisé dans la matinée. "Il faudra être à notre meilleur niveau, il faut que notre organisation défensive soit presque parfaite et ensuite, bien sûr, convertir les occasions que nous aurons."
Pour cela, la Suède compte dans ses rangs deux des avant-centres les plus réputés de Premier League, Alexander Isak (Liverpool) et Viktor Gyökeres (Arsenal). Elle dispose aussi d'une présence physique et d’une organisation suffisantes pour rendre la soirée difficile si la France venait à perdre patience.
Pour afficher ce contenu Instagram, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixLe mauvais souvenir de la Suisse
Les seizièmes de finale constituent en effet un défi différent de la phase de poules, durant laquelle la France a su dominer ses adversaires malgré quelques défaillances défensives ponctuelles. Mais, si l’on fait abstraction de la finale de 2022 contre l’Argentine, la France n’a pas perdu de match à élimination directe en Coupe du monde depuis 2014. Lors de l'Euro 2021, les Bleus s'étaient inclinés aux tirs au but contre les Suisses en 8es de finale, malgré deux buts d'avance à la 75ᵉ minute.
La Suède peut-elle créer la surprise comme la "Nati" il y a cinq ans ? "Je n’y crois pas. La Suède compte dans ses rangs Alexander Isak, Viktor Gyokeres et Anthony Elanga. Ce n’est pas une mauvaise équipe, mais elle est loin d’avoir la puissance de frappe de la France", a déclaré l’ancienne gloire anglaise Gary Lineker dans un entretien à L’Équipe.
"Bien sûr, avec quatre véritables attaquants, les Bleus pourraient être vulnérables en contre-attaque, comme on l’a vu vendredi face à la réserve norvégienne, mais ils marqueront plus de buts que les autres équipes", a-t-il ajouté, affirmant que "la France est la meilleure équipe" du tournoi.
Une victoire contre la Suède qualifierait la France pour les huitièmes de finale, où elle affronterait l'Allemagne ou le Paraguay, le samedi 4 juillet.
Avec AFP et Reuters
