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Sous des chaleurs extrêmes, le hajj met les pélerins à rude épreuve
Quelque 1,5 million de musulmans ont entamé lundi les rituels ancestraux du hajj, grand pèlerinage musulman à La Mecque, en Arabie saoudite, sous des chaleurs extrêmes dépassant les 40°C.
Des pèlerins musulmans à La Mecque, le 24 mai 2026, en Arabie saoudite. © Zain Jaafar, AFP

Sous des températures dépassant les 40°C, Inas Gamal s'est résolue à rester dans la chambre climatisée de son hôtel pour faire, entre le lever et le coucher du soleil, les prières du hajj, qui débute lundi 25 mai en Arabie saoudite.

"Il fait très chaud, beaucoup plus que je ne l'imaginais", confie à l'AFP cette Égyptienne mère de quatre enfants, qui effectue pour la première fois le grand pèlerinage annuel musulman. "Je n'arrive pas à m'adapter" à la chaleur extrême de la péninsule arabique, admet avec gêne cette quadragénaire, en ajustant ses lunettes de soleil.

"J'avais prévu de faire toutes mes prières à la Grande Mosquée", au cœur de laquelle trône la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "mais je n'ai pas pu y aller pour les prières qui se tiennent en journée", explique-t-elle.

Le Centre national de météorologie prévoit des températures diurnes comprises entre 42°C et 47°C pendant le hajj et sa série de rites codifiés se déroulant, souvent en plein air, sur plusieurs jours à La Mecque et dans ses environs.

Sous un soleil brûlant et dans une atmosphère étouffante, les pèlerins s'exposent aux coups de chaleur, malaises et même arrêts cardiaques.

Comme Inas Gamal, 1,5 million de fidèles sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour effectuer ce pèlerinage, l'un des cinq piliers de l'islam, qui doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie, s'il en a les moyens.

"Il fait vraiment très chaud"

Pour beaucoup, la chaleur et l'aridité du climat sont un choc. "Je veille à boire de grandes quantités d'eau et des boissons riches en sels et en minéraux, parce que nous transpirons en permanence et que nous sommes constamment en mouvement", assure à l'AFP Imad Ahmed, venu du Royaume-Uni.

Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée – dont le marbre blanc est brûlant sous le soleil de plomb – un puissant circuit de climatisation, que la télévision d'État saoudienne vante comme étant sans équivalent au monde.

D'immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins.

Mais quand même "il fait vraiment très chaud", souffle sous son chapeau Mohamed Nabil, Algérien venu d'Oran, où les températures ne dépassent actuellement pas les 25°C.

Pour ce professeur de 43 ans, qui explique parcourir plus de 30 000 pas par jour, la chaleur constitue "le seul obstacle" au plaisir d'accomplir les rites à La Mecque, berceau de l'islam.

Plus de 1 300 décès en 2024

Les stands de glaces sont pris d'assaut, les pèlerins faisant la queue pour obtenir un pot vendu environ deux euros.

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures.

Certains rites du hajj restent particulièrement éprouvants, comme l'étape phare du mont Arafat, mardi, où les pèlerins seront exposés au soleil brûlant sur un promontoire rocheux.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé samedi que ses équipes médicales avaient déjà pris en charge 144 personnes souffrant de coups de chaleur.

À relire Plus d'un millier de morts lors du pèlerinage de la Mecque en 2024 : comment expliquer un tel bilan ?

En 2024, plus de 1 300 pèlerins avaient péri sous des températures dépassant les 50°C, d'après les autorités.

Dans la vallée de Mina, près de La Mecque, où le pèlerinage doit se conclure avec le rituel de la lapidation de Satan, un hôpital se tient prêt à accueillir les personnes souffrant de coups de chaleur.

Sans cacher sa préoccupation, Jamil Abualenain, directeur général exécutif du Centre national de gestion des crises et des catastrophes sanitaires, y répète pour l'AFP les consignes de base : "Consommer suffisamment d'eau, utiliser des parapluies et éviter toute exposition prolongée aux rayons du soleil."

Avec AFP