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Peine de mort : hausse "vertigineuse" en Iran, record d'exécutions dans le monde depuis 1981
Au moins 2 707 personnes ont été exécutées dans le monde en 2025, un record depuis 1981 dû, en premier lieu, à la hausse "vertigineuse" des exécutions en Iran.

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Des manifestants protestent contre la décision du Parlement israélien d'approuver la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables d'avoir assassiné des Israéliens, à Jérusalem, mardi 31 mars 2026. © Mahmoud Illean, AP
09:32

Une hausse "vertigineuse". L’Iran a exécuté plus de 2 150 personnes l’an dernier, portant le nombre d’exécutions recensées dans le monde à son plus haut niveau depuis 1981, a déclaré Amnesty International, lundi 18 mai.

L'organisation indique avoir confirmé l’exécution d’au moins 2 707 personnes dans le monde en 2025. Parmi ces cas, 2 159 ont eu lieu en Iran, soit plus du double du chiffre de 2024, selon Amnesty.

Mais l’ONG de défense des droits humains, basée au Royaume-Uni, précise que ce total "n’inclut pas les milliers d’exécutions" qu’elle estime avoir été menées en Chine, premier pays utilisateur de la peine de mort, en raison du "secret d’État" entourant ces données.

Amnesty souligne que ce chiffre d’au moins 2 707 exécutions en 2025 — notamment en Arabie saoudite, au Koweït, en Égypte, au Yémen, à Singapour et aux États-Unis — représente une hausse de plus des deux tiers par rapport à l’année précédente.

"Cette tendance est la plus marquée dans les pays où les autorités ont renforcé leur emprise sur le pouvoir en restreignant l’espace civique, en réduisant au silence la dissidence et en faisant peu de cas des protections prévues par le droit international des droits humains", ajoute l’organisation.

En particulier, "l’augmentation vertigineuse des exécutions recensées en Iran" s’inscrit dans un contexte où les autorités "ont intensifié le recours à la peine de mort comme outil de répression politique et de contrôle", notamment après la guerre de juin 2025 avec Israël.

Hausse régionale

Amnesty et d’autres ONG ont indiqué que l’Iran a encore intensifié le recours à la peine de mort en 2026 après les manifestations de janvier et la guerre contre Israël et les États-Unis, avec des exécutions liées aux protestations ou l’appartenance à des groupes interdits.

L’organisation indique que le total connu de 2 159 exécutions en Iran en 2025 — un chiffre nettement supérieur à celui publié plus tôt dans l’année par l’ONG Iran Human Rights basée en Norvège — "constitue le niveau le plus élevé jamais enregistré depuis 1981" dans le pays. Il s’agit également du niveau le plus élevé au monde depuis cette année-là.

Cette tendance se retrouve - dans une moindre mesure - ailleurs dans la région.

L’Arabie saoudite a procédé à au moins 356 exécutions l’an dernier, dépassant son précédent record de 345 en 2024.

Les exécutions au Koweït ont presque triplé, passant de six en 2024 à 17.

En Égypte, elles ont presque doublé, passant de 13 à 23.

Au Yémen, le total annuel a augmenté de plus d’un tiers, passant d’au moins 38 à au moins 51.

Aux États-Unis — seul pays du continent américain à avoir procédé à des exécutions en 2025 — la "hausse sans précédent" en Floride, avec 19 exécutions, a fait grimper le total national à 47, le plus élevé depuis 2009.

À Singapour, les autorités ont procédé à 17 exécutions, le chiffre le plus élevé depuis 2003.

Le "secret d’État" en Chine concernant l’usage de la peine de mort "laisse penser à une utilisation délibérée de cette peine pour envoyer un message selon lequel l’État ne tolérera aucune menace contre la sécurité ou la stabilité publiques", estime Amnesty.

"Amnesty International continue de considérer la Chine comme le principal bourreau mondial", conclut l’organisation.

Avec AFP