
L'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder lors d'une conférence de presse le 25 octobre 2002. © Gerard Cerles, AFP
L'initiative du président russe Vladimir Poutine, qui a proposé son ami et ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur dans la guerre en Ukraine, a été accueillie froidement par Berlin dimanche 10 mai.
Interrogé samedi à propos de son candidat favori pour reprendre le dialogue avec les Européens, Vladimir Poutine a répondu qu'il préférait "personnellement" Gerhard Schröder. Au pouvoir de 1998 à 2005, ce social-démocrate de 82 ans est depuis 20 ans un soutien fidèle du chef de Kremlin.
"Nous avons pris note de ces déclarations", qui "s'inscrivent dans une série de fausses offres" russes, ont indiqué des sources gouvernementales à l'Agence France-Presse (AFP) dimanche.
Refus de condamner l'invasion de l'Ukraine
Berlin y voit en filigrane "la stratégie hybride bien connue" du Kremlin et ajoute qu'"un premier test de crédibilité serait que la Russie prolonge la trêve".
Le refus de Gerhard Schröder de condamner l'invasion russe en Ukraine en 2022 lui a valu l'opprobre au sein du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), minoritaire au sein de la coalition de Friedrich Merz, et lui a coûté certains de ses avantages d'ex-chancelier.
Il a également eu des rôles clés dans les projets de gazoducs Nord Stream 1 et 2 ainsi qu'une place au conseil d'administration du pétrolier russe Rosneft, abandonnée en 2022.
Un médiateur entre la Russie et l'Union européenne ne peut "tout simplement pas être le pote de Poutine", a déclaré Michael Roth, ancien président social-démocrate de la commission des Affaires étrangères du Bundestag, dans une interview accordée au Tagesspiegel.
"L'essentiel est que (ce médiateur) soit avant tout accepté par l'Ukraine. Ni Moscou ni nous ne pouvons en décider à la place de Kiev", a-t-il ajouté.
Ne pas laisser Poutine et Trump décider seuls
Mais d'autres membres du SPD, traversé par un courant pacifiste, se montrent plus ouverts à la proposition de Vladimir Poutine.
"Cela doit être soigneusement pesé en étroite concertation avec nos partenaires européens et ne pas être exclu d'emblée de manière catégorique", a souligné Adis Ahmetovic, porte-parole du SPD pour les affaires étrangères au Bundestag, auprès de l'hebdomadaire Spiegel.
"Si l'on ne veut pas que Poutine et Trump décident seuls de l'avenir de l'Ukraine, il faut saisir chaque chance. Même si elle est infime", a abondé le député Ralf Stegner dans les colonnes du Spiegel.
"Le gouvernement fédéral devrait soutenir cette initiative de toutes ses forces", a réagi Markus Frohnmaier, député de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti d'extrême droite prorusse et principale force d'opposition en Allemagne, interrogé par Die Welt.
Cette offre de Poutine est "une pure manœuvre rhétorique", rétorque Agnieszka Brugger, la vice-présidente du groupe parlementaire des Verts, dans Die Welt.
Avec AFP
