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La prix Nobel Narges Mohammadi libérée sous caution pour être soignée à Téhéran, selon sa fondation
La fondation de Narges Mohammadi a annoncé, dans un communiqué, que la lauréate du prix Nobel de la paix iranienne "a bénéficié d'une suspension de peine contre une caution importante". Face à un état de santé qui s'aggrave, elle a été transférée vers un hôpital de Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale".
Une photo non datée et non localisée de la prix Nobel et militante iranienne des droits de l'Homme Narges Mohammadi. © Fondation Narges Mohammadi

Les autorités iraniennes ont libéré sous caution la lauréate du prix Nobel de la paix 2023 Narges Mohammadi, dont la santé s'était gravement détériorée. Elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation, dimanche 10 mai.

Après dix jours d'hospitalisation à Zandjan, dans le nord de l'Iran où elle purgeait sa peine, Narges Mohammadi "a bénéficié d'une suspension de peine contre une caution importante", a indiqué sa fondation dans un communiqué, sans préciser le montant de cette caution.

Narges Mohammadi a été transférée en ambulance vers un hôpital de Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale", a-t-elle ajouté.

La semaine dernière, ses soutiens avaient alerté sur le fait qu'elle risquait de mourir en prison après avoir subi deux crises cardiaques présumées à Zandjan.

"La vie de Narges Mohammadi ne tient qu'à un fil", a déclaré son époux, Taghi Rahmani, qui réside à Paris, dans un communiqué. "Bien qu'elle soit actuellement hospitalisée suite à une grave défaillance de son état de santé, un transfert temporaire est insuffisant. Narges ne doit en aucun cas être renvoyée dans les conditions qui ont altéré sa santé", a-t-il ajouté.

Sa fondation a déclaré qu'elle avait besoin de soins spécialisés et qu'il fallait "s'assurer qu'elle ne retourne jamais en prison pour purger les 18 années restantes de sa peine".

Son avocat iranien, Mostafa Nili, a confirmé sur X qu'elle avait été transférée à Téhéran dimanche matin "à la suite d'une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales".

"Méconnaissable"

Narges Mohammadi, 54 ans, a passé une grande partie des vingt dernières années entre la prison et la liberté pour son militantisme. Elle avait été arrêtée pour la dernière fois en décembre après avoir dénoncé la République islamique lors des funérailles d'un avocat.

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Déjà atteinte d'une maladie cardiaque, elle a eu deux crises cardiaques présumées, l'une le 24 mars et l'autre le 1er mai, en prison à Zandjan, selon ses soutiens.

Après le dernier incident, elle a été transportée d'urgence à l'hôpital de Zandjan pour y être soignée, et est restée sous surveillance constante.

Narges Mohammadi a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s'exprimer et est actuellement "méconnaissable" par rapport à son état avant sa dernière arrestation, a assuré la semaine dernière son avocate parisienne, Me Chirinne Ardakani.

Les deux jumeaux de Narges Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent et étudient à Paris, n'ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu'elle était en prison.

Avec AFP