
Des soldats maliens patrouillent après une attaque sur la base militaire de Kati, le 27 avril 2026, près de Bamako. © Reuters
Des dizaines de personnes sont mortes dans de nouvelles attaques jihadistes menées vendredi dans le centre du Mali, qui fait face à une situation sécuritaire critique après une offensive sans précédent fin avril des groupes armés contre la junte au pouvoir, ont indiqué, samedi 9 mai, des sources sécuritaire et locales.
Des attaques dans la même région, revendiquées par les jihadistes du Jnim, avaient déjà fait au moins 30 morts mercredi. "Les groupes armés sont revenus hier [vendredi] et ont attaqué de nouveaux villages [notamment Kouroude et Dougara], faisant augmenter le bilan à plus de 70 morts" au total pour les attaques de mercredi et vendredi, a indiqué un élu local sous couvert d'anonymat pour des raisons de sécurité.
Un responsable local a fait état d'un total de "80 morts", tandis qu'un responsable local de la jeunesse a évoqué un chiffre de "50 morts", ajoutant qu'"il y a des disparus".
Ces attaques surviennent quelques jours après une offensive d'une ampleur inédite menée les 25 et 26 avril par des jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, allié à Al-Qaïda) et la rébellion du Front de libération de l'Azawad (FLA), à dominante touareg.
"Nos cœurs saignent. Les détachements de l'armée positionnés à Bankass et de Diallassagou n'ont pas bougé le petit doigt malgré de multiples appels", a déclaré à l'AFP le responsable local des jeunes, requérant l'anonymat.
"Attaques barbares et ignobles"
Une source sécuritaire a de son côté qualifié "d'inquiétante" la situation dans la région. Selon lui, "le Jnim s'en prend aux villages qui ont refusé de signer les accords locaux".
Dans un communiqué daté de vendredi et transmis samedi à l'AFP, la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH) s'est dite "inquiète" concernant les attaques jihadistes de mercredi dans le centre du pays.
La CNDH "condamne ces attaques barbares et ignobles, constitutives d'atteintes graves aux droits de l'Homme et au droit international humanitaire (DIH)", d'après le communiqué.
Le Mali fait actuellement face à une situation sécuritaire critique, alors que la junte, arrivée au pouvoir après un coup d'État en 2020, est affaiblie plus que jamais.
Depuis les attaques fin avril, les militaires ont perdu le contrôle de plusieurs localités dans le nord du pays, notamment la ville-clef de Kidal. Le ministre de la Défense Sadio Camara, un des piliers de la junte, a également été tué.
Blocus routier
Les jihadistes ont par ailleurs instauré depuis le 30 avril un blocus routier sur différents axes stratégiques menant vers Bamako.
Plusieurs véhicules de transport et de marchandises à destination de Bamako ont été incendiés ces derniers jours par les jihadistes.
La mort de de Sadio Camara, les attaques coordonnées des groupes armés, le blocus de Bamako et la perte de Kidal ont ébranlé la junte et son leader, le général Assimi Goïta.
Plusieurs personnes, dont des opposants et des militaires, ont été arrêtées ces derniers jours dans les zones encore sous contrôle de la junte.
Samedi, environ un millier de personnes se sont rassemblées à Bamako dans "une grande mobilisation patriotique" en soutien à la junte.
Avec AFP
