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Défilé du 9-Mai : Poutine dit que son armée affronte en Ukraine des "forces agressives"
La Russie ​a organisé samedi son défilé du Jour de la victoire le plus modeste depuis des années, en raison de ​la menace d'une attaque venant d'Ukraine, où son armée est enlisée depuis plus de quatre ans. Vladimir Poutine a ‌répété que la guerre était une "cause ​juste" et que ses hommes y affrontaient des "forces agressives" soutenues par l'Otan.
Le président russe Vladimir Poutine prononce un discours sur la place Rouge, le 9 mai 2026, lors du défilé du 9-Mai à Moscou. © Kremlin.ru via Reuters

Le président russe, Vladimir Poutine, a affirmé, samedi 9 mai, que son armée affrontait en Ukraine des forces "agressives" soutenues par l'Otan, lors d'un discours sur la place Rouge pour de modestes commémorations du 9 mai 1945 au premier jour d'une trêve acceptée par Kiev.

Ce défilé, marqué par l'absence d'équipements militaires et qui n'a duré que 45 minutes, a été conforté in extremis par l'entrée en vigueur d'une trêve de trois jours annoncée la veille par le président des États-Unis, Donald Trump.

Des menaces d'attaques de drones ukrainiens visant à perturber les cérémonies marquant la victoire soviétique contre l'Allemagne nazie, fêtée le 9 mai en Russie, et de frappes russes en représailles contre le centre de Kiev avaient plané les jours précédents.

"Le grand exploit de la génération victorieuse (contre Adolf Hitler, NDLR) inspire aujourd'hui les soldats qui mènent l'opération militaire spéciale (en Ukraine). Ils font face à une force agressive armée et soutenue par l'ensemble du bloc de l'Otan", a déclaré Vladimir Poutine depuis la tribune.

"Je suis fermement convaincu que notre cause est juste. Nous sommes ensemble. La victoire fut nôtre et elle le sera pour toujours", a-t-il ajouté, avant que ne retentisse l'hymne de la Russie.

Cessez-le-feu de trois jours

Le dirigeant russe s'est exprimé devant plusieurs centaines de soldats se tenant sur la grande place de Moscou. Des militaires de l'armée nord-coréenne, qui a aidé Moscou à chasser au printemps 2025 des troupes ukrainiennes de la région de Koursk, ont participé aux commémorations, selon la télévision russe.

Ce défilé qui a commencé à 10 h locales (7 h GMT) et s'est terminé à 10 h 45 s'est déroulé sous haute sécurité.

L'Internet mobile ne fonctionnait pas dans le centre de Moscou et les rues de la capitale étaient presque toutes désertes, ont constaté des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP).

Ces commémorations sont un important évènement permettant à Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, de mobiliser la mémoire de la victoire soviétique et de rallier la population russe derrière la campagne militaire en Ukraine. Mais elles apparaissaient cette année menacées par les attaques incessantes de drones ukrainiens sur le territoire russe.

Après deux tentatives de trêves, ukrainienne puis russe, non respectées cette semaine, le président américain a annoncé vendredi soir un cessez-le-feu de trois jours entre l'Ukraine et la Russie à partir de samedi.

Peu de dignitaires étrangers

"Espérons que ce soit le début de la fin d'une guerre très longue, meurtrière et difficile", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, précisant que le cessez-le-feu serait accompagné d'un "échange de prisonniers de 1 000 détenus de chaque pays".

Juste après la publication du message de Donald Trump, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accepté le cessez-le-feu de trois jours et ordonné à l'armée de ne pas attaquer le défilé prévu sur la place Rouge. Moscou a aussi confirmé avoir accepté la trêve et l'échange de prisonniers.

La Russie a réduit la pompe des célébrations : pour la première fois en près de 20 ans, il n'y a pas eu de matériel militaire sur la place Rouge ni de corps de cadets et des écoles militaires.

Le nombre de dignitaires étrangers a également diminué. Seuls les dirigeants de la Biélorussie, de la Malaisie et du Laos et le Premier ministre slovaque Robert Fico se sont déplacés à Moscou, outre ceux des deux républiques séparatistes géorgiennes soutenues par Moscou et non reconnues par l'ONU, selon le Kremlin.

Avec AFP