logo

L'actu en dessin : dans le détroit d'Ormuz, le crocodile iranien fait plier le "Projet liberté"
En quarante-huit heures, Donald Trump a lancé puis suspendu l'opération censée rouvrir le détroit d'Ormuz, intitulée "Projet liberté". Une opération éphémère, dont l'arrêt est justifié par des progrès diplomatiques, mais qui résume aussi l'imbroglio dans les négociations autour de ce passage maritime clé.
Un mois après l’annonce d’un cessez-le-feu et après deux semaines d’un double-blocus à la fois iranien et états-unien, Donald Trump a voulu rouvrir de force le détroit d'Ormuz. © Osama Hajjaj, Cartooning for peace

Après deux semaines d'un double-blocus à la fois iranien et états-unien sur le détroit d'Ormuz, Donald Trump a voulu rouvrir ce passage maritime clé lundi 4 mai. Censé escorter militairement les navires, le "Projet liberté" n'aura cependant fonctionné qu'une demi journée.

La Maison Blanche justifie ce revirement par de "grands progrès" dans les négociations avec Téhéran. Si l'Iran exige toujours un arrêt total des combats, y compris au Liban où Israël mène encore des opérations, Donald Trump a estimé "très possible" d'arriver à un accord "prochainement". 

Sur son dessin, le caricaturiste jordanien Osama Hajjaj montre l'état des tensions dans le golfe Persique. L'Iran apparaît sous les traits d'un crocodile imposant, gueule grande ouverte, dont les mâchoires épousent exactement la géographie du détroit d'Ormuz. Entre ses dents acérées, des dizaines de tankers et de méthaniers progressent, minuscules et vulnérables. Le message est limpide : ce passage maritime est à la merci de Téhéran.

Face au reptile, Donald Trump, agenouillé, tient sous le bras une feuille sur laquelle est inscrit "Projet liberté" – référence aux opérations américaines répétées de sécurisation du détroit. La posture du personnage, rapetissé par l'échelle du prédateur, dit tout : malgré la pression américaine, l'Iran garde le pouvoir sur le détroit.

Né en 1973, Osama Hajjaj est un dessinateur de presse jordanien. Il travaille pour le quotidien jordanien Alquds et pour des sites Web européens et internationaux tels que Cagle Cartoons et Cartoon Movement. Il est membre de l'Association des dessinateurs de presse jordaniens. Il a déjà travaillé pour plusieurs journaux comme Al Mar'a, Al Dustour, Al Belad, Al Ittihad (Abu Dhabi), et Al Rray. Il a également participé à différents événements : un workshop avec d'autres dessinateurs de presse en Égypte en 2004, le Festival international du film d'animation d'Annecy en 2006, le Festival international de la caricature et du dessin de presse en Algérie en 2008 et des expositions, notamment celle de la galerie Aqaba cartoon en Jordanie en 2011.

Cartooning for Peace

Cartooning for Peace est un réseau international de dessinateurs engagés à promouvoir, par l'universalité du dessin de presse, la liberté d'expression, les droits humains et le respect mutuel entre des populations de différentes cultures ou croyances.