
Devant la mairie de Saint-Denis, près de Paris, le 22 septembre 2025. © Stéphane de Sakutin, AFP archives
"Grand rassemblement citoyen" contre le racisme à Saint-Denis. Au moins 10 000 personnes sont attendues dans la deuxième ville d'Ile-de-France, samedi 4 avril, à l'appel du nouveau maire dyonisien Bally Bagayoko (LFI), cible d'une campagne haineuse depuis son élection.
Ce rassemblement va se tenir à 14 h sur le parvis de la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). De nombreuses personnalités politiques de gauche – les Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Sophia Chikirou, l'écologiste Marine Tondelier, une délégation socialiste, entre autres –, des syndicats et des associations ont répondu favorablement à l'appel.
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Accepter Gérer mes choix"La cause que nous défendons, est au-dessus" des divergences ou des difficultés pour certains à s'afficher aux côtés de La France insoumise, a estimé samedi sur Franceinfo Bally Bagayoko, qui attend "entre 10 000 et 20 000 personnes", alors que plusieurs partis devraient briller par leur absence.
"Celles et ceux qui aujourd'hui réduisent en fait cette marche uniquement à l'étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes finalement de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l'antisémitisme et contre l'islamophobie et toutes les formes de discriminations", a déclaré Bally Bagayoko.
L'absence de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations
Interrogé sur l'absence notamment de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé, il a jugé que "s'il y a bien une ministre qui aurait dû être là, c'est bien elle", tout en la remerciant "particulièrement" pour lui avoir témoigné sa solidarité par téléphone.
Le maire, d'origine malienne, avait lancé l'appel à ce rassemblement dimanche dernier sur son compte Instagram, après plusieurs propos polémiques le visant tenus sur CNews. Les 27 et 28 mars, sur cette chaîne, des liens ont été faits entre Bally Bagayoko et "la famille des grands singes", et une attitude de "mâle dominant" lui a été reprochée.
CNews a dit contester "formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus" sur son antenne et la direction a considéré auprès de l'AFP que des propos avaient été "délibérément déformés sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée".
Jeudi, le parquet de Paris a indiqué qu'il avait ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion", au lendemain du dépôt de plainte de l'élu, qui a également appelé lors d'un entretien à l'AFP à fermer la chaîne. Le préfet s'est constitué partie civile comme l'avait demandé le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Des premiers comme maire particulièrement scrutés et critiqués
Alors que le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez avait qualifié les propos tenus "d'ignobles" et "absolument inacceptables", Bally Bagayoko a jugé ces soutiens gouvernementaux "toujours appréciables", bien qu'arrivés "relativement tard".
Les premiers pas de Bally Bagayoko, élu dès le premier tour face au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin et à l'issue d'une campagne extrêmement tendue, ont été particulièrement scrutés et critiqués.
Après un premier conseil municipal houleux, lors duquel l'ancien maire et ses colistiers ont été copieusement hués et sifflés, plusieurs responsables politiques se sont indignés de l'atmosphère observée, selon eux, dans plusieurs villes remportées par des candidats LFI ou divers gauche.
Le gouvernement avait également pointé du doigt Bally Bagayoko pour avoir déclaré à CNews que "les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique".
Avec AFP
