
Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (La France insoumise), pose lors d'une séance photo à la mairie de Saint-Denis, en banlieue nord de Paris, le 1er avril 2026. © Geoffroy van der Hassel, AFP
Il avait été comparé à un chef de tribu et à un "mâle dominant". Une enquête a été ouverte pour "injure publique" à caractère raciste après les propos visant le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko tenus fin mars sur CNews, a-t-on appris jeudi 2 avril auprès du parquet de Paris.
Cette enquête fait suite au dépôt d'une plainte par Bally Bagayoko. Le préfet de Seine-Saint-Denis a souhaité se constituer partie civile, a précisé le parquet.
Une seconde enquête a été ouverte pour le cyberharcèlement dont l'élu a été victime sur le réseau social X "en raison de sa couleur de peau", suite à cette émission "100 % politique", a ajouté le ministère public.
Le ministère public a précisé avoir "constaté sur le réseau social X une multiplication de commentaires ciblant la victime en raison de la couleur de sa peau, à la suite de cette même émission" de CNews, "100 % politique", diffusée les 27 et 28 mars.
La première enquête, pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion", tout comme la seconde, a été confiée à l'OCLCH (Office central de lutte contre la haine en ligne).
Bally Bagayoko a été élu dès le premier tour des élections municipales à Saint-Denis. Depuis, il est la cible d'une campagne de haine relayée par l'extrême droite sur les réseaux sociaux.
L'Arcom saisie
Vendredi, un débat sur CNews a porté sur les premiers jours de son mandat.
Est-ce que ce maire "essaye de pousser les limites ?", demande le présentateur. "Sûrement qu'il y a un peu de ça. Maintenant, c'est important de rappeler que l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu - nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus - il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité", a répondu le psychologue Jean Doridot sur le plateau.
Le lendemain, la chaîne du groupe Bolloré s'est de nouveau trouvée au cœur d'une polémique, après des propos du philosophe Michel Onfray prêtant à Bally Bagayoko une attitude de "mâle dominant" pour avoir appelé à faire "allégeance" après son élection.
Dénonçant des propos racistes, plusieurs responsables LFI et de gauche ainsi que des associations antiracistes ont saisi l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel et du numérique, qui a indiqué qu'elle allait "instruire les séquences qui lui ont été signalées".
Le maire a déposé plainte mercredi après-midi contre CNews, Jean Doridot et Michel Onfray. Il a aussi appelé à un "grand rassemblement" contre le racisme samedi à 14 h 00 devant l'Hôtel de Ville de Saint-Denis.
CNews a, de son côté, dit "(contester) formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus" sur son antenne.
Avec AFP
