
Le président américain Donald Trump s'exprime depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 31 mars 2026. © Reuters/Evan Vucci
Il avait annoncé il y a un mois l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés de son allié Israël contre l'Iran par une vidéo enregistrée dans sa résidence de Floride, casquette sur la tête et sans cravate.
De manière beaucoup plus solennelle, Donald Trump livre mercredi 1ᵉʳ avril sa première allocution à la nation depuis le début d'un conflit qui le plombe politiquement.
À 21 h à la Maison Blanche (1 h GMT jeudi), le président américain a promis une mise au point "importante" sur l'opération militaire "Fureur épique" lancée le 28 février.
Selon un haut responsable de la Maison Blanche sollicité par l'AFP, il va, comme il l'a constamment fait depuis les premières frappes, "souligner que l'armée américaine a atteint tous les objectifs fixés avant l'opération".
C'est-à-dire, énumère ce haut responsable ayant requis l'anonymat, "détruire" les capacités iraniennes à lancer des missiles ; "anéantir" la marine iranienne ; "assurer que leurs alliés terroristes ne peuvent plus déstabiliser la région" et "garantir que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire".
Selon la même source, Donald Trump va aussi "réaffirmer que l'objectif est de conclure l'opération dans deux à trois semaines".
Le président américain a déjà assuré que l'issue du conflit ne dépendait ni de négociations avec Téhéran, ni de l'état dans lequel serait laissé le détroit d'Ormuz.
Une guerre impopulaire
En plus d'assurer à des Américains en majorité sceptiques que tout est sous contrôle, quelques mois avant qu'ils ne se rendent aux urnes pour des législatives déterminantes, le républicain de 79 ans pourrait ouvrir un nouveau front, diplomatique celui-là, contre l'Otan.
Le quotidien britannique The Telegraph lui a demandé mercredi s'il envisageait de remettre en question l'adhésion de son pays à l'Alliance atlantique après le conflit, et il a répondu : "Oh oui, je dirais même que cela va au-delà d'une simple remise en question."
La marge de manœuvre constitutionnelle de Donald Trump en la matière n'est toutefois pas claire. L'Otan pourrait, au minimum, servir de diversion au président américain.
Il a martelé que les alliés des États-Unis devaient en faire plus pour rouvrir le détroit d'Ormuz, dont la fermeture a fait grimper le prix du pétrole, et par effet de contagion les dépenses en carburant des Américains.
Il répète aussi que l'Otan coûte cher aux contribuables américains, qui vont déjà devoir supporter le coût très important de la guerre contre l'Iran.
Les enquêtes d'opinion montrent que les électeurs sont en majorité opposés au conflit, même si la base "MAGA" de Donald Trump continue à le suivre.
Elles signalent aussi une dégringolade sur ce qui a été l'un des points forts de l'ancien homme d'affaires pendant la campagne.
La proportion d'Américains faisant confiance au président pour gérer l'économie du pays est tombée à 31 % dans la dernière édition d'un sondage CNN/SSRS, un plus bas dans toute sa carrière politique.
Avec AFP
