
Les joueurs iraniens ont porté des photos des enfans de l'école primaire de Minab avant leur match contre le Costa Rica. © Kaan Soyturk, Reuters
L'équipe nationale d'Iran refuse de se taire. Alors qu'elle affrontait le Costa Rica en match amical, mardi 31 mars à Antalya (Turquie), le Team Melli a transformé le moment des hymnes en geste politique contre l'offensive menée par les États-Unis et Israël contre leur pays.
Les joueurs iraniens ont brandi des photos de ces victimes, parmi lesquelles des enfants tués dans une frappe aérienne attribuée aux États-Unis contre une école primaire de Minab (sud), au premier jour de la guerre au Moyen-Orient le 28 février. Cette frappe a tué au moins 170 personnes, dont des élèves et des enseignants, selon les sources iraniennes.
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D'après les conclusions préliminaires d'une enquête militaire américaine rapportées par le New York Times, c'est un missile de croisière Tomahawk américain qui a touché l'école primaire, en raison d'une erreur de ciblage.
Le même hommage avait été rendu vendredi par les joueurs avant leur match contre le Nigeria (défaite 2-1) dans la ville de Belek, près d'Antalya, où ils ont porté des brassards noirs, tenant dans leurs bras des cartables roses et violets ornés de rubans, qu'ils ont ensuite déposés à leurs pieds.

Gianni Infantini, un proche de Donald Trump
Leur geste avant le match le Costa Rica était d'autant plus fort qu'il a cette fois été effectué en présence de Gianni Infantino, le président de la Fifa, qui a remis en décembre dernier un "prix de la paix" à Donald Trump.
Proche du président américain Donald Trump avec qui il s'affiche régulièrement depuis la première élection du milliardaire américain en 2016, Gianni Infantino prend enfin en main l'épineux dossier de la présence iranienne au Mondial, alors que la guerre au Moyen-Orient déclenchée par les États-Unis et Israël est rentrée dans son 33e jour mercredi.
Le puissant président de la fédération internationale s'est ainsi rendue à Antalaya pour assister au match du "Team Melli".
L'Iran ira aux États-Unis pour la Coupe du monde
"L'Iran sera à la Coupe du monde", a-t-il promis. "On est là pour ça. On se réjouit parce que c'est une très, très forte équipe, je suis très content."
"J'ai vu l'équipe, j'ai parlé aux joueurs, à l'entraîneur, donc tout va bien", a-t-il poursuivi, précisant que "les matches seront où ils doivent être, selon le tirage au sort".
D'après le calendrier officiel du Mondial, l'Iran doit disputer ses trois matches de groupe aux Etats-Unis, coorganisateurs du tournoi avec le Mexique et le Canada. Après la Nouvelle-Zélande (16 juin) et la Belgique (21 juin) à Los Angeles, la "Team Melli" doit affronter l'Égypte à Seattle (27 juin).
Le boycott des États-Unis avait été évoqué
Au déclenchement du conflit, le 28 février, l'Iran a évoqué dans un premier temps un "boycott" de la compétition, avant de se dire prêts à prendre part au tournoi mais pas aux États-Unis.
Mi-mars, le patron de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, avait indiqué "être en négociations avec la Fifa pour que les matches de l'Iran (...) se déroulent au Mexique".
"Nous boycottons les États-Unis, (...) pas la Coupe du monde", avait-il alors déclaré.
Selon les déclarations de Gianni Infantino à l'AFP, l'Iran devrait donc revoir sa position et le calendrier initial serait donc maintenu. Et ce, alors même que Donald Trump avait estimé le 12 mars que les joueurs iraniens pourraient ne pas être en "sécurité" aux États-Unis.
La balle semble être dans le camp de l'Iran. Or, également présent à Antalya, son ambassadeur en Turquie, Mohammad Hassan Habibollah Zadeh, a laissé place à un certain optimisme.
"Gianni Infantino est venu ici pour nous soutenir, pour exprimer son soutien à notre équipe, afin que l'Iran puisse participer à la Coupe du monde à l'avenir. Son soutien est donc très précieux pour nous, et nous serons présents", a-t-il affirmé.
Et de ponctuer sa déclaration à l'AFP, d'un "Inch'allah" ("Si Dieu le veut").
Avec AFP
