logo

CAN 2025 attribuée au Maroc : Claude Le Roy dénonce "une stupidité à nulle autre pareille"
Le jury d'appel de la Confédération africaine de football a retiré mardi, deux mois après une finale chaotique, le titre gagné par le Sénégal en Coupe d'Afrique des nations pour l'attribuer au Maroc. L'ancien entraîneur français Claude Le Roy, qui a dirigé six sélections africaines, a fustigé cette décision qu'il juge "d'une stupidité à nulle autre pareille".

Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Accepter Gérer mes choix

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

Réessayer
L'ENTRETIEN © FRANCE 24
06:01

Dans un énième coup de théâtre d'une finale qui s'était terminée dans le chaos, le jury d'appel de la Confédération Africaine de Football a retiré, mardi 17 mars, le titre gagné voilà deux mois par le Sénégal lors de la Coupe d'Afrique des Nations pour l'attribuer au Maroc. Dans un communiqué, l'instance a annoncé avoir en effet décidé de "déclarer l'équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale", pourtant remportée 1-0 (après prolongation) par les Lions de la Teranga, "le résultat étant homologué sur le score de 3-0" en faveur du Maroc.

Quelques minutes après cette annonce surprise, Claude Le Roy, ancien sélectionneur de six équipes africaines n'a pas caché son incompréhension sur l'antenne de France 24. "Un ancien président de la République française aurait dit qu'elle est abracadabrantesque, qu'elle est grand-guignolesque. Elle est d'une stupidité à nulle autre pareille", a-t-il déclaré, passablement agacé.

"On voit comment cette Confédération africaine de football navigue à vue, sans aucune idée, sans aucune perspective, au hasard des influences et quelquefois des émotions", a également expliqué le technicien français.

"Terrible pour l'image du football africain"

Le 18 janvier, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale disputée à Rabat, en protestation contre une décision de l'arbitre qui, peu après un but refusé au Sénégal, avait accordé dans le temps additionnel de la seconde période un penalty au Maroc.

Au bout de quinze longues minutes de confusion précédant finalement un retour sur le terrain des joueurs sénégalais et dans un chaos qui gagna alors les tribunes avec des supporteurs sénégalais lançant des projectiles et tentant d'envahir le terrain, l'ailier marocain Brahim Diaz avait manqué le penalty de la discorde. Sur quoi, durant la prolongation, c'est le Sénégal qui s'était imposé grâce à un but de Pape Gueye.

"Alors que les Marocains avaient organisé une très belle Coupe d'Afrique des nations dans des conditions parfaites, cela a été bousillé par ce dernier quart d'heure", estime Claude Le Roy. "Dans un premier temps, tout était revenu dans l'ordre, mais là, ils mettent encore un petit peu de mal sur sur la plaie cicatrisée. Il la réouvre complètement et c'est terrible pour l'image du football africain", constate cette légende du foot africain.

Une décision "qui ne grandit pas" le Maroc

Le jury disciplinaire de la CAF ​avait dans un premier temps rejeté, fin janvier, la réclamation déposée ​par la Fédération royale marocaine de football. Mardi, le jury ​d'appel a finalement donné raison au Maroc en annulant la décision initiale du jury disciplinaire.

Le Maroc remporte ​ainsi sa deuxième CAN, 50 ans après la première. Pays hôte de la compétition, il a rappelé dans un communiqué "que sa démarche n’a jamais eu pour objet de contester la performance sportive des équipes engagées dans cette ⁠compétition, mais uniquement de demander l’application du règlement de la compétition". "La Fédération réaffirme son attachement ⁠au respect ​des règles, à la clarté du cadre compétitif et à la stabilité des compétitions africaines", a-t-elle ajouté.

Pour Claude Le Roy, les Marocains "ont fait ce recours d'une façon un peu formelle au départ par rapport à leur opinion publique, parce que c'est vrai qu'il y a 50 ans qui courent derrière (ce titre, NDLR)". "Mais aujourd'hui, cette décision ne les grandit. On a vu dans le premier communiqué de la Fédération royale marocaine qu'ils se sentent quand même gênés", ajoute-t-il. 

Gianni Infantino, le président de la Fifa, dans le viseur

L'ancien entraîneur, devenu consultant, pointe également du doigt le président de la Fifa Gianni Infantino qu'il qualifie de "ex machina du football mondial". Selon lui, il se permet de diriger "les phases finales de Coupe d'Afrique des Nations alors qu'il n'oserait même pas intervenir sur un championnat d'Europe ou sur une Copa America" dans le but de peser sur sa réélection en 2027. "Il y a 54 voix sur le continent africain (soit un quart des voix, NDLR), donc cela compte beaucoup", souligne-t-il.

Claude Le Roy estime en tout cas que cette nouvelle affaire est un énième épisode qui va détériorer le football africain. La Coupe d'Afrique des nations féminine, qui devait débuter mardi, a été officiellement reportée à l’été 2026 sur une décision tardive, officialisée le 5 mars. La Coupe d'Afrique des Nations féminine aurait du débuter le 17 mars au Maroc, mais elle a été reportée du 25 juillet au 16 août sans que la Confédération africaine de football ne donne d'explications.

"En quinze jours, cela a été reporté, comme si on pouvait dans un autre continent mépriser des équipes, des joueuses, des staffs, des dirigeants qui préparent cela depuis des mois", regrette Claude Le Roy. "Le patron de la CAF Patrice Motsepe n'est que le vassal de Monsieur Infantino. "Ils ont tous les droits et ils adressent un mépris incroyable à tous les footballeurs et responsables du football en Afrique qui méritent beaucoup mieux que ces irresponsables", assène Claude Le Roy.