
Sylvia Bongo dans l'émission "En tête à tête" diffusée sur France 24. © France 24
Le ministre de la Communication du Gabon Germain Biahodjow a fermement démenti dimanche 8 mars les "allégations diffamatoires" de tortures en détention formulées par l'ex-première dame Sylvia Bongo dans une interview à France 24 et a menacé de suspendre les médias relayant ces accusations.
Arrêtés après le coup d'État militaire du 30 août 2023 ayant porté au pouvoir le général Brice Oligui Nguema, depuis élu président, Sylvia Bongo, épouse du chef de l'État renversé Ali Bongo Ondimba, et son fils Noureddin Bongo avaient été emprisonnés pendant 20 mois au Gabon avant d'être remis en liberté provisoire et autorisés à quitter le pays, ce qu'ils ont fait en mai 2025.
"Réagissant aux accusations de violences et de tortures formulées par Mme Sylvia Bongo Ondimba sur France 24, le gouvernement de la République récuse fermement ces allégations diffamatoires", a déclaré dimanche le ministre gabonais de la Communication lors d'une conférence de presse.
Il dénonce "la diffusion de contrevérités et de récits déformés, amplifiés par certains médias occidentaux qui, sans vérification suffisante, servent de relais à des campagnes de désinformation" contre le Gabon.
Le gouvernement gabonais "se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires, y compris (...) suspendre leur droit de diffusion sur le territoire national", a-t-il menacé.
"Ils m'ont frappée"
Dans un entretien diffusé vendredi soir par France 24, Sylvia Bongo a affirmé avoir été "enfermée dans le sous-sol de la présidence" et "torturée", et avoir assisté aux sévices infligés à son fils et à "d'autres personnes".
"Ils m'ont frappée, c'étaient des tortures physiques", a-t-elle notamment affirmé.
Mi-novembre, la cour criminelle de Libreville a condamné en leur absence Sylvia et Noureddin Bongo, installés à l'étranger, à 20 ans de réclusion criminelle, notamment pour détournement de fonds publics.
Les avocats de la famille Bongo ont indiqué en mai 2024 avoir déposé plainte devant la justice française pour "arrestation illégale" et "séquestration aggravée par des actes de torture et des actes de barbarie" de plusieurs de ses membres, dont Sylvia et Noureddin Bongo, qui possèdent, comme Ali Bongo, la nationalité française.
Leurs conseils avaient assuré que Sylvia Bongo avait été "battue et étranglée", et contrainte d'assister aux tortures infligés à Noureddin Bongo, notamment "battu (...), étranglé, fouetté ou encore électrocuté au taser".
Le gouvernement gabonais avait déjà réfuté à l'époque toute "forme de torture ou de mauvais traitement" contre le président déchu ou sa famille.
Avec AFP
