
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella en campagne pour les municipales, le 7 février 2026, à Carcassonne. © Valentine Chapuis, AFP
Faire mieux qu’en 2020 et confirmer sa dynamique électorale. Le Rassemblement national fait des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 un rendez-vous majeur qui doit le propulser vers la présidentielle 2027 en préparant "l’alternance" que son président, Jordan Bardella, appelle de ses vœux.
Le parti d’extrême droite est en progression constante depuis 2022 et le score de 41,45 % obtenu par Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. En juin de la même année, il obtenait 89 députés à l’Assemblée nationale. Puis 125 lors des législatives anticipées de juillet 2024, qui suivaient une première place aux élections européennes glanée un mois plus tôt avec 31,37 % des voix et l’élection de 30 eurodéputés.
Le Rassemblement national (RN) espère ainsi poursuivre sur cette lancée et ne pas passer à côté d’un scrutin local qui ne lui avait pas souri il y a six ans. En dehors de la victoire de Louis Aliot à Perpignan, le bilan du RN avait été plutôt mitigé en 2020. Cette fois-ci, un nombre record de 650 listes sont présentées dans toute la France. "Nous entendons peser comme jamais dans l’ensemble des scrutins locaux", a affirmé son président Jordan Bardella, le 12 janvier, lors de ses vœux à la presse.
Il s’agira d’abord pour le RN de conserver ses villes (Beaucaire, Bruay-la-Buissière, Fréjus, Hayange, Hénin-Beaumont, Le Pontet, Moissac, Perpignan, Villers-Cotterêts, notamment), mais aussi d’obtenir des victoires significatives. Toulon, où la députée et porte-parole du RN Laure Lavalette est en campagne, fait figure de cible principale, tout comme les villes de Carcassonne, Menton ou Lens. Le RN rêve également de Marseille, où le député Franck Allisio est donné au coude-à-coude avec la coalition de gauche du maire sortant, Benoît Payan.
"Il peut y avoir plusieurs dizaines de communes Rassemblement national", a chiffré Jordan Bardella le 22 janvier sur Cnews et Europe 1. "Lorsqu'on part aux élections, on part rarement pour les perdre, et je suis un battant", a-t-il ajouté.
"Donner du poids à l’enracinement du RN"
La comparaison avec les résultats du parti Les Républicains sera particulièrement scrutée, le RN ayant pour but de conquérir ce qu’il reste de l’électorat LR. L’attitude des deux partis au second tour pourrait par ailleurs envoyer un signal à un peu plus d'un an de la présidentielle.
Interrogé à ce sujet le 7 février, Jordan Bardella a répondu ne rien exclure "par principe". "L'essentiel aujourd'hui est que les Français accordent, et que les patriotes accordent, aux listes du Rassemblement national et de ses alliés la dynamique la plus forte possible au premier tour", a affirmé l’eurodéputé sur BFMTV.
"S'agissant du second tour, nous ferons évidemment du cas par cas. (...) Maintenant, moi, je ne suis pas fermé à ce qu'il y ait des discussions sur de potentielles listes d'union ou listes de rassemblement au second tour si, évidemment, il y a un danger de voir l'extrême gauche s'emparer d'un certain nombre de municipalités", a-t-il ajouté.
Au-delà des municipales, le Rassemblement national aura en tête les élections sénatoriales de septembre, lors desquelles ce sont les élus locaux qui votent. Le RN, qui compte déjà quatre sénateurs sur 348, estime être en mesure de grimper à dix pour avoir le droit de constituer un groupe parlementaire.
L’enchaînement de succès aux municipales et aux sénatoriales achèverait alors de mettre Marine Le Pen, ou Jordan Bardella en cas de condamnation le 7 juillet de la députée à une peine d’inéligibilité, sur orbite vers l’Élysée.
"Le fait de remporter des municipalités à quelques mois de la présidentielle va évidemment donner du poids à la dynamique et à l’enracinement du RN", soulignait le patron du parti lors de ses vœux à la presse. "Nous pouvons non seulement remporter un certain nombre de municipalités dans quelques semaines et nous pourrons être le parti qui succédera à Emmanuel Macron dans moins de 15 mois."
