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En Colombie, les restes du "curé guérillero" Camilo Torres identifiés 60 ans après sa mort
Figure influente dans les années 1960 de la théologie de la libération, le prêtre Camilo Torres avait choisi de rejoindre les rangs de l'Armée de libération nationale (ELN) en 1965. Il avait perdu la vie quelques mois plus tard lors de combats. Soixante ans après, ses restes viennent d'être formellement identifiés.
Un prêtre dépose, le 15 février 2026 à Bogota, une fleur à côté des restes de Camilo Torres, un "curé guérillero" qui avait quitté l'Église en 1965 pour s'engager dans la guérilla colombienne. © AFP

Les restes de Camilo Torres ont été formellement identifiés, 60 ans après sa mort. L'annonce a été faite lundi 16 février en Colombie par l'Unité de recherche des personnes disparues, née de l'accord de paix de 2016 avec la guérilla des Farc.

Ce prêtre emblématique de la guérilla colombienne, l'un des pionniers de la convergence entre catholicisme et lutte rebelle, avait quitté l'Église pour s'engager en 1965 dans les rangs de l'Armée de libération nationale (ELN), d'inspiration guévariste, avant de mourir quelques mois plus tard, en février 1966, lors d'un de ses tout premiers combats contre l'armée colombienne.

Figure influente dans les années 1960 de la théologie de la libération, courant de pensée chrétien né en Amérique latine dans les années 1960-70 centré sur la défense des pauvres et opprimés, sa mort rapide a contribué à faire de lui un mythe révolutionnaire.

"Une source d'espoir"

"Pour nous, c'est une source d'espoir", "cela montre que les recherches peuvent aboutir (...), même 60 ans après", a déclaré dans une vidéo Luz Janeth Forero, la directrice de l'entité de recherche.

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Le corps de Camilo Torres avait été retrouvé dans un cimetière de Bucaramanga (est de la Colombie), où il avait été enterré après avoir été exhumé trois ans après sa mort.

L'ELN a été fondée en juillet 1964 par des syndicalistes, des paysans et des étudiants, beaucoup formés à Cuba et sympathisants d'Ernesto "Che" Guevara et de la révolution cubaine. Toujours active, la guérilla se finance aujourd'hui principalement grâce au narcotrafic et d'autres activités illégales.

Après des tentatives de dialogue avortées, le gouvernement de Gustavo Petro – président de gauche et lui-même ex-guérillero – a opté pour une stratégie militaire face à la guérilla, pour laquelle les États-Unis ont proposé leur aide.

Avec AFP