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Accusée par les démocrates "d'étouffer" l'affaire Epstein, la procureure Pam Bondi se défend
Pam Bondi, la procureure générale ⁠des États-Unis, a ​défendu mercredi devant une commission du Congrès la gestion contestée de l'affaire Jeffrey Epstein par le département de la Justice qu'elle dirige, réfutant les accusations des élus démocrates qui lui reprochent de vouloir "étouffer" l'affaire.
La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, témoigne devant une commission judiciaire de la Chambre des représentants, au Capitole, à Washington, le 11 février 2026. © Roberto Schmidt, AFP

Les démocrates accusent la procureure générale ⁠des États-Unis d'instrumentaliser l'affaire Jeffrey Epstein au profit de Donald Trump. Pamela Bondi, surnommée Pam, a ​défendu, mercredi 11 février devant une commission du Congrès, la gestion contestée de ce dossier explosif par le département de la Justice qu'elle dirige.

Depuis ​la publication par son ministère d'une nouvelle salve de documents relatifs au financier et criminel sexuel mort en prison en 2019, de nombreux élus, y compris républicains, critiquent l'ampleur des éléments caviardés ou occultés par le département de la Justice (DoJ), alors même qu'une loi votée par le ​Congrès en ‌novembre exige la divulgation de la quasi-totalité des pièces du dossier.

Pam Bondi a fait état "d'enquêtes en cours", semblant se démarquer du numéro 2 du ministère de la Justice, Todd Blanche, qui avait exclu que ces documents puissent contenir des éléments nouveaux susceptibles d'aboutir à des inculpations supplémentaires.

L'administration Trump s'est acquittée avec cette dernière publication massive de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre, de faire toute la transparence sur ce dossier explosif, avait affirmé Todd Blanche.

"Vous dirigez depuis le département de la Justice un étouffement massif de l'affaire Epstein", a néanmoins lancé Jamie Raskin, principal membre démocrate de cette commission, à Pam Bondi.

"J'ai consacré toute ma carrière à la défense des victimes, et je continuerai à le faire", a affirmé Pam Bondi dans sa déclaration liminaire.

Plusieurs victimes ou proches de victimes de Jeffrey Epstein assistaient à l'audition.

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Accusée par les démocrates "d'étouffer" l'affaire Epstein, la procureure Pam Bondi se défend
© France 24
02:05

Procès en dissimulation

Les élus démocrates, mais aussi le républicain Thomas Massie, coauteur de la loi, ont concentré leurs critiques sur le fait que les noms de possibles complices de Jeffrey Epstein avaient été caviardés, contrairement à ce qu'exige cette loi.

Ils se sont aussi indignés que les noms et coordonnées, voire des photos de victimes d'Epstein jusqu'alors non identifiées publiquement, aient été divulgués fin janvier, avant d'être retirés.

La ministre a répliqué à ses contradicteurs par des salves d'attaques personnelles, tout en défendant la manière dont ses services ont publié ces documents compte tenu du délai "serré" fixé par la loi.

"Notre taux d'erreur est très bas", a-t-elle assuré, s'engageant à ce que tout caviardage erroné soit supprimé et à veiller à la protection de la vie privée des victimes.

L'élue démocrate Pramila Jayapal lui a demandé de se tourner vers les victimes présentes pour leur "demander pardon" de ce que leur a fait subir "cette inacceptable divulgation de leurs coordonnées". Mais la ministre s'y est refusée, l'accusant de "faire du théâtre".

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Trump dans la tourmente

Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump avait promis, s'il était élu, de publier l'intégralité du dossier Epstein. Mais ses atermoiements lui ont valu des accusations de manque de transparence voire de dissimulation, jusque dans sa propre base militante.

Donald Trump, proche de Jeffrey Epstein dans les années 1990, assure avoir rompu avec lui avant qu'il ne soit inquiété par la justice et n'avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.

Mais une retranscription d'un ancien chef de la police de Palm Beach, en Floride en 2019 avec le FBI, la police fédérale, publiée dans la récente masse de documents, jette un doute sur cette chronologie.

Ce policier, qui enquêtait en 2006 sur les premières accusations de crimes sexuels sur des mineures contre Jeffrey Epstein, y relate un appel téléphonique de Donald Trump dans lequel le milliardaire lui aurait dit à l'époque : "Dieu merci de l'arrêter, tout le monde savait ce qu'il faisait."

Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent l'onde de choc des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.

Les démocrates ont par ailleurs interpellé la ministre sur les poursuites pénales engagées contre des cibles désignées nommément par le président Trump.

Ils se sont néanmoins félicités que des juges les aient annulées, comme pour l'ex-directeur du FBI James Comey ou la procureure générale de New York, Letitia James, en novembre 2025, ou que des jurys de citoyens aient refusé de les inculper, notamment mardi dans le cas de six élus démocrates qui avaient exhorté les militaires à désobéir aux "ordres illégaux" de l'administration.

"Vous avez transformé le ministère de la Justice au service du peuple en instrument de vengeance de Trump. Trump commande des inculpations comme il commanderait des pizzas, et vous vous exécutez", a raillé Jamie Raskin.

Avec Reuters et AFP