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Donald Trump promet une "petite désescalade" à Minneapolis
Alors que le conseiller anti-immigration de Donald Trump, Tom Homan, est arrivé à Minneapolis mardi où il a échangé avec les responsables locaux, le président américain a annoncé une "petite désescalade" dans la ville où deux citoyens américains ont été tués par la police fédérale en marge de manifestations.
Le président américain s'apprête à embarquer pour un déplacement dans l'Iowa le 27 janvier 2026. © Brendan Smialowski, AFP

Donald Trump a annoncé une "petite désescalade" à Minneapolis après l'arrivée mardi 27 janvier de son conseiller dépêché pour désamorcer les tensions autour de l'opération anti-immigration ayant conduit à la mort de deux manifestants, tués par balles par des agents fédéraux. "Ce n'est pas un retrait, c'est un petit changement", a toutefois averti le président américain dans une interview sur Fox News.

Son envoyé Tom Homan a pris mardi le relais du chef de la police aux frontières Greg Bovino, qui devait quitter Minneapolis avec une partie des 3 000 agents fédéraux déployés depuis plusieurs semaines.

Donald Trump promet une "petite désescalade" à Minneapolis
Tom Homan à la Maison Blanche à Washington le 14 janvier 2026. © Oliver Contreras, AFP

Principal responsable de la politique d'expulsions massives de migrants voulue par Donald Trump, Tom Homan, considéré comme moins agressif dans sa communication, a échangé mardi avec les deux grandes figures démocrates de l'État, le gouverneur Tim Walz et le maire de Minneapolis, Jacob Frey. 

D'après des communiqués de leurs équipes, les deux dirigeants démocrates ont répété vouloir voir partir les agents fédéraux et obtenir des enquêtes "impartiales" sur les évènements impliquant ces policiers. "Même si nous ne sommes pas d'accord sur tout, ces réunions constituent un point de départ productif", a commenté Tom Homan sur X. Les échanges vont se poursuivre, ont-ils tous indiqué.

Donald Trump promet une "petite désescalade" à Minneapolis
Un manifestant demande "de la justice, pas des gestes" devant le siège du gouvernement de l'État du Minnesota, à Minneapolis, le 27 janvier 2026. © Roberto Schmidt, AFP

Concernant Alex Pretti, infirmier de 37 ans tué par balles lors d'une manifestation samedi, le chef de l'État américain a dit vouloir "une enquête honorable et très honnête" et s'est engagé à "surveiller ça de près". Donald Trump a jugé ce décès "très triste" et a refusé de qualifier la victime d'"assassin", contrairement à son conseiller Stephen Miller. "Ceci étant dit, il ne faut pas avoir d'armes, arriver avec une arme" dans une manifestation, a lancé le milliardaire républicain.

Des vidéos analysées par l'AFP et d'autres médias mettent à mal la thèse de certains membres de son gouvernement selon laquelle Alex Pretti, qui portait légalement une arme, constituait une menace pour les forces de l'ordre.

Victor Wembanyama se dit "inquiet"

"Comment le gouvernement peut-il en faire un terroriste intérieur ?", s'interroge Fabiola, habitante du Minnesota contactée par l'AFP. "Il y a des preuves claires de ce qui s'est passé, ils mentent", estime-t-elle, refusant de donner son nom par peur de représailles.

Donald Trump promet une "petite désescalade" à Minneapolis
Le basketteur français Victor Wembanyama à San Antonio, au Texas, le 29 septembre 2025. © Sergio Flores, AFP

Il est "dingue que des personnes tentent de faire comme si assassiner des civils était quelque chose d'acceptable", a réagi le basketteur français Victor Wembanyama, une star de la NBA. "Je suis un étranger qui vit dans ce pays, je suis inquiet, c'est certain", a ajouté le joueur des San Antonio Spurs.

Tuée par un agent de la police de l'immigration (ICE) le 7 janvier, Renee Good s'est elle vu reprocher d'avoir tenté de renverser le policier avec sa voiture. L'enquête s'est concentrée sur les agissements de cette femme de 37 ans et ceux de sa compagne, plutôt que sur le tireur.

Kristi Noem reste en poste

Bien qu'il ait lâché du lest face à des critiques nourries, y compris dans son camp, Donald Trump n'entend pas revoir sa politique en matière d'immigration. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait rappelé lundi qu'il continuerait d'exiger que les autorités locales coopèrent avec les agences fédérales chargées de l'immigration. C'est pourtant une ligne rouge pour les élus locaux démocrates, comme Jacob Frey affirme l'avoir dit à Tom Homan.

Donald Trump promet une "petite désescalade" à Minneapolis
Une carte avec les photos de Renee Good et Alex Pretti sur un lieu de commémoration à Minneapolis, dans le Minnesota, le 27 janvier 2026. © Octavio Jones, AFP

Le président a aussi indiqué que sa ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, dont l'opposition appelle à la démission, restait en place car elle fait "un très bon travail".

Dans la principale procédure judiciaire contre l'action des agences fédérales dans le Minnesota, une juge a promis lundi une décision rapide concernant la demande du procureur général de l'État d'y suspendre l'opération.

La justice a aussi bloqué, tant qu'ils contestent leur détention, l'expulsion hors des États-Unis de Liam Conejo Ramos, 5 ans, et de son père d'origine équatorienne, arrêtés la semaine dernière. Une photo montrant le garçonnet apeuré, coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, le sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir, est devenue virale.

Un agent fédéral a par ailleurs été refoulé alors qu'il tentait de pénétrer dans le consulat d'Équateur à Minneapolis, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères du pays dont le président Daniel Noboa est allié de Donald Trump.

Dans une autre affaire, un juge a appelé le directeur de ICE, Todd Lyons, à comparaître "en personne" vendredi.

Avec AFP