
Des agents de la police de l'immigration (ICE), se tiennent à côté d'un garçon, identifié par un témoin comme Liam Conejo Ramos, un enfant de 5 ans, détenu à Minneapolis, Minnesota, États-Unis, le 20 janvier 2026. © Rachel James, Reuters
Un enfant, âgé de 5 ans, est devenu malgré lui un symbole de la répression migratoire menée par l’administration Trump. La police de l’immigration américaine (ICE) a détenu Liam Conejo Ramos alors qu’elle arrêtait son père à Minneapolis. Le tout sous les caméras des médias qui couvrent les confrontations quotidiennes entre l’ICE et les manifestants. La séquence, qui a provoqué un vif émoi sur les réseaux sociaux, a poussé le vice-président JD Vance à se rendre dans l'État du Minnesota, jeudi 22 janvier.
La photo de la détention du petit garçon, publiée mercredi, montre un enfant à la mine déconfite, coiffé d'un bonnet bleu orné de deux oreilles de lapin, portant un sac à dos et tenu par une silhouette vêtue de noir.
L’enfant et son père sont actuellement à San Antonio, au Texas, sous la garde des autorités de la Sécurité intérieure américaine, selon des déclarations de l’avocat de la famille, Marc Prokosch, dans le Washington Post. Le vice-président américain, JD Vance, a confirmé jeudi que les autorités fédérales détenaient le garçon.
Le quatrième élève détenu par l’ICE
Liam Conejo Ramos a été interpellé devant sa maison, mardi après-midi, alors qu’il rentrait de l'école maternelle. La police procédait à l’arrestation de son père, Adrian Alexander Conejo Arias, originaire de l’Équateur et illégalement présent sur le sol américain, selon la porte-parole du département de la Sécurité intérieure, Tricia McLaughling.
Les agents fédéraux l’auraient “utilisé comme appât”, lui demandant de toquer à la porte de chez lui pour vérifier si d’autres personnes étaient présentes, selon Zena Stenvik, directrice des écoles publiques de Columbia Heights, ville de la banlieue de Minneapolis où réside la famille. Le père aurait dit à la mère de l’enfant, restée à l’intérieur de la maison pendant l'interpellation, de ne pas ouvrir la porte, a-t-elle précisé.
La famille, arrivée aux États-Unis en 2024, avait fait une demande d’asile et n’avait pas reçu l’ordre de quitter le pays, a précisé Zena Stenvik. L'avocat de la famille a confirmé qu'ils n'étaient pas des citoyens américains, mais qu'ils avaient suivi la procédure légale pour obtenir l'asile. Il s’agit du quatrième élève de la banlieue de Minneapolis détenu par les agents de l’ICE ces dernières semaines.
Les responsables de son école ont indiqué que les agents ont refusé de confier l’enfant à un autre adulte vivant à son domicile ou à un représentant du district scolaire. De son côté, Tricia McLaughling a déclaré, jeudi, que le père avait demandé à ce que l'enfant reste avec lui, précisant que l'ICE donne le choix aux parents d'être embarqués avec leur enfants ou de les placer chez une personne de leur choix.
Opération massive dans le Minnesota
L'ICE mène depuis plusieurs semaines une opération anti-immigration d'envergure dans l'État du Minnesota, où la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans tuée dans sa voiture par un agent le 7 janvier à Minneapolis, a cristallisé les tensions.
Accusé par l'opposition démocrate d'avoir jeté de l'huile sur le feu en prenant la défense du policier de l'immigration auteur du tir qui a tué Renée Good, JD Vance s'est rendu, jeudi, à Minneapolis pour rencontrer des agents de l'ICE et "faire baisser la température", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Le vice-président des États-Unis a alors confirmé que le jeune garçon avait été pris en charge par l'ICE, d'abord choqué de l'intervention de la police. "Je me suis dit : Oh mon Dieu, c'est terrible. Comment avons-nous pu arrêter un enfant de cinq ans ?", a-t-il déclaré. Il a indiqué avoir changé d'avis quand il a appris que le père, qu'il a présenté comme un immigrant clandestin, avait pris la fuite pour ne pas être appréhendé par les agents. "Que devaient-ils faire d'autre ? Laisser un enfant de cinq ans mourir de froid ?", a-t-il interrogé.
Il a ensuite reporté la responsabilité des violences lors des opérations de l'ICE sur l'absence de coopération de la police locale au Minnesota. "Nous pouvons très bien faire appliquer les lois sur l'immigration sans provoquer le chaos, mais cela nécessite réellement la coopération des autorités étatiques et locales", a-t-il soutenu, déplorant notamment que les agents fédéraux ne soient pas "protégés".
Trois manifestants arrêtés
L’arrestation du jeune garçon survient alors que le gouvernement américain a annoncé, jeudi, l’arrestation de trois militants, accusés d’avoir perturbé dimanche le service dans une église de Saint Paul, capitale du Minnesota. Ils pensaient que le directeur adjoint du bureau local de l'ICE y exerçait la fonction de pasteur.
La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a précisé, jeudi sur X, qu'ils étaient accusés d'"entrave aux droits" des fidèles en réunion, pour avoir tenté de les "empêcher de pratiquer leur religion". Comme le directeur du FBI, Kash Patel, elle a posté des images de leur arrestation. Celle de Nekima Levy Armstrong, avocate spécialisée dans les droits civiques, fait depuis polémique. La Maison Blanche a intentionnellement modifié la photo à l'aide de l'intelligence artificielle, pour que la militante ait l'air de pleurer.
Des milliers d’agents fédéraux ont été déployés dans le Minnesota, alors que l'administration Trump intensifie sa campagne visant à expulser ce qu’elle considère comme des millions d’immigrants illégaux à travers le pays.
L'État a demandé à la justice fédérale la suspension de l'opération de l'ICE. Une audience à ce sujet est prévue lundi.
Avec AP et APF
