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Collision ferroviaire en Espagne : le bilan définitif s'élève à 45 morts
Après la découverte, jeudi, de deux derniers corps dans l'un des deux trains qui sont entrés en collision dimanche soir en Andalousie, le bilan de la catastrophe est désormais définitif : il s'élève à 45 morts. Reste désormais à déterminer les causes de l'accident.
Des enquêteurs et services d'urgence sur le site d'une collision entre deux trains à grande vitesse à Adamuz, dans le sud de l'Espagne le 20 janvier 2026. © Jorge Guerrero, AFP

Deux nouveaux corps, les deux derniers, ont été retrouvés jeudi 22 janvier dans l'un des deux trains impliqués dans la collision de dimanche soir en Andalousie (sud), portant le bilan définitif de cette catastrophe à 45 morts.

Les médecins légistes "ont pratiqué l'autopsie de 45 personnes, toutes décédées dans l'accident", a indiqué le soir l'organisme en charge du décompte dans un communiqué, confirmant l'identification des deux derniers corps récupérés.

Le chef du service d'enquête de la Garde civile, Fernando Domínguez, avait prévenu dans l'après-midi qu'il serait mis "fin au dispositif de recherche" dès l'identification des deux derniers corps. Au total, 45 signalements pour disparition ont été émis par des proches de passagers auprès de la police.

Ces deux derniers corps ont été retrouvés dans une des voitures du train de la Renfe (la compagnie ferroviaire publique), percuté de plein fouet par trois voitures d'un train de l'opérateur Iryo - une société détenue majoritairement par le groupe italien Trenitalia - qui avaient déraillé et s'étaient déportées sur sa voie.

Collision ferroviaire en Espagne : le bilan définitif s'élève à 45 morts
Le roi Felipe VI d'Espagne (g) et la reine Letizia, suivis de la vice-Première ministre espagnole Maria Jesus Montero, rencontrent des personnes ayant porté secours sur le site de la collision de trains à grande vitesse à Adamuz, le 20 janvier 2026. © Cristina Quicler, AFP

Depuis plusieurs jours, des engins de chantier s'activaient à Adamuz pour dégager et découper la ferraille afin de retrouver les corps encastrés dans les rames de train qui circulaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision.

Déterminer les causes de cette tragédie

Selon le dernier bilan détaillé transmis mercredi par l'Institut médico-légal (qui ne prenait donc pas en compte les derniers corps retrouvés), 28 dépouilles se trouvaient dans le train de la Renfe, six sur les voies, six autres dans le train Iryo et trois "entre les deux trains". Quant aux signalements pour disparition, il y avait 22 femmes et 23 hommes. Il s'agissait pour la plupart d'Espagnols, sauf trois d'entre eux qui étaient allemand, marocain et russe.

La tâche la plus urgente des autorités est maintenant de déterminer les causes de cette tragédie, qui restent à cette heure mystérieuses. D'après les médias espagnols, l'enquête - qui exclut l'hypothèse d'un acte de sabotage, selon le gouvernement - s'intéresse à une rupture du rail de plus de 30 centimètres de long à l'endroit de l'accident.

Collision ferroviaire en Espagne : le bilan définitif s'élève à 45 morts
Collision ferroviaire en Espagne : des éléments explorés par l'enquête. © Nalini Lepetit-Chella, Sylvie Husson, Valentina Breschi, AFP

Mercredi, des journaux ont également évoqué la piste d'un "bogie" (chariot placé dans la partie inférieure du châssis d'un train) retrouvé dans un cours d'eau proche du lieu de la collision.

Accidents en série

Le ministre des Transports, Óscar Puente, avait expliqué mercredi soir qu'il s'agissait d'une "enquête complexe qui demande du temps, une analyse approfondie et un examen exhaustif de tous les acteurs impliqués", à savoir "l’infrastructure, le matériel roulant, les systèmes de sécurité et les conditions d’exploitation".

Collision ferroviaire en Espagne : le bilan définitif s'élève à 45 morts
Des équipes de secours sur le site où un train de banlieue a percuté un mur de soutènement tombé sur les voies, le 21 janvier 2026 entre Sant Sadurni d'Anoia et Gelida, près de Barcelone, en Catalogne © Josep LAGO / AFP

Il avait surtout défendu avec force le réseau ferroviaire et les transports publics du pays, dont l'image a terriblement souffert de cette semaine noire, également marquée mardi soir par un autre accident qui a fait un mort et 37 blessés à Gelida, en Catalogne (nord-est), lorsqu'un train de banlieue a percuté un mur de soutènement tombé sur les voies en raison de fortes pluies. Depuis, tout le réseau de trains de banlieue de la Catalogne est à l'arrêt, handicapant ses 400 000 voyageurs quotidiens.

Jeudi, c'est un train de banlieue qui a été heurté par un camion-grue d'éclairage public près de Carthagène (sud est), faisant quelques blessés légers et confirmant cette loi des séries.

Collision ferroviaire en Espagne : le bilan définitif s'élève à 45 morts
Un train à grande vitesse Iryo qui a déraillé et percuté un autre train (en arrière-plan) à Adamuz, dans le sud de l'Espagne, le 20 janvier 2026. © Cristina Quicler, AFP

Confronté à deux accidents ferroviaires mortels en 48 heures, le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez, et surtout son ministre des Transports, sont sous pression à la fois de l'opposition de droite et du syndicat des conducteurs de train, le Semaf.

Décrivant les accidents d'Adamuz et Gelida comme "un point d'inflexion", ce syndicat a convoqué mercredi une grève de trois jours les 9, 10 et 11 février "pour que se soient réalisées toutes les réformes garantissant la sécurité des opérations ferroviaires". Il dénonce notamment que "les nombreux rapports" remis par les conducteurs sur "le mauvais état des voies" dans certains endroits précis du réseau soient restés "sans "réponse ni intervention pendant des mois, voire des années".

Avec AFP