
Le drapeau australien en berne près de la plage de Bondi, en Australie, le 18 décembre 2025. © David Gray, AFP
Les Australiens doivent se recueillir jeudi 21 janvier au soir pour honorer la mémoire des 15 personnes décédées lors d'une tuerie antisémite sur la plage de Bondi à Sydney en décembre, l'attentat le plus meurtrier dans le pays depuis une trentaine d'années.
Les drapeaux sont mis en berne jeudi, jour de deuil national, et les Australiens sont invités à respecter une minute de silence à 19 h 01 (8 h 01 GMT), et à allumer des cierges à leurs fenêtres et devant leurs portes. Rescapés, familles de victimes, secouristes et responsables politiques se réuniront pour leur part lors d'une soirée d'hommage à l'opéra de Sydney, avec pour slogan : "La lumière vaincra".
Sajid Akram et son fils Naveed sont accusés d'avoir ouvert le feu le 14 décembre sur une foule qui célébrait la fête juive de Hanouka sur l'emblématique plage de Bondi. C'est "un lieu où rien ne devrait se briser hormis les vagues", et où "il y a de la place pour tout le monde", a décrit le Premier ministre Anthony Albanese face à la presse.
L'idéologie du groupe État islamique
Selon les autorités, l'attentat était motivé par l'idéologie du groupe jihadiste État islamique (EI). Parmi les victimes décédées figurent un rescapé de la Shoah de 87 ans, un couple ayant tenté d'arrêter un des assaillants ou encore une enfant de 10 ans.

Le chef du gouvernement, qui doit s'exprimer à l'opéra de Sydney, a été la cible de critiques en amont de l'attaque pour son atermoiement supposé face à l'antisémitisme. Depuis la tuerie, Anthony Albanese a ordonné l'établissement d'une "commission royale d'enquête fédérale" disposant de larges pouvoirs, chargée notamment d'enquêter sur les failles des renseignements et la montée rapportée de l'antisémitisme, en particulier depuis le 7-Octobre.
Le Parlement australien a pour sa part durci mardi le contrôle des armes à feu, avec la mise en place un programme national de rachat d'armes et le renforcement des règles d'importation d'armes et des vérifications d'antécédents pour obtenir un permis. Les deux chambres ont par ailleurs accru les peines visant les personnes diffusant des discours de haine ou visant à promouvoir la violence, et facilité les refus ou annulations de visa pour les personnes soupçonnées de terrorisme ou de diffusion de contenus haineux.
L'assaillant Sajid Akram, âgé de 50 ans, a été tué par la police. Son fils de 24 ans a, lui, été inculpé pour terrorisme et meurtres. D'après la police, les deux hommes n'ont pas reçu d'aide extérieure et ne faisaient pas partie d'une organisation terroriste. Ils s'étaient toutefois rendus dans le sud des Philippines dans les semaines précédant la tuerie. Ce voyage a alimenté les soupçons autour de possibles liens avec des extrémistes dans une région connue pour plusieurs insurrections islamistes. Les deux hommes avaient aussi enregistré en octobre une vidéo contre les "sionistes", assis devant un drapeau du groupe État islamique, d'après les forces de l'ordre.
Avec AFP
