
Une femme soudanaise qui a fui la ville d'El-Facher, après que les forces paramilitaires soudanaises ont tué des centaines de personnes dans la région occidentale du Darfour, attache sa tente dans son camp à Tawila, au Soudan, le dimanche 2 novembre 2025. © Mohammed Abaker, AP
Les Nations unies ont averti jeudi 15 janvier que leurs stocks d'aide alimentaire au Soudan, ravagé par la guerre et où des millions de personnes sont menacées de famine, pourraient être épuisés d'ici à la fin mars.
"Sans financements supplémentaires immédiats, des millions de personnes se retrouveront privées d'une aide alimentaire vitale d'ici quelques semaines", a déclaré le Programme alimentaire mondial, soulignant avoir déjà "été contraint de réduire les rations au strict minimum nécessaire à la survie".
Le PAM a lancé cette alerte après près de trois années de guerre civile au Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont fait des dizaines de milliers de morts et déplacé 11 millions de personnes.
"D'ici fin mars, nous aurons épuisé nos stocks alimentaires au Soudan", a mis en garde Ross Smith, directeur de la réponse aux urgences du PAM, cité par le communiqué.
La moitié de la population en insécurité alimentaire
L'agence affirme avoir besoin de toute urgence de 700 millions de dollars pour poursuivre ses opérations jusqu'en juin.
Selon l'ONU, plus de 21 millions de personnes - soit près de la moitié de la population soudanaise - sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
Une évaluation soutenue par l'ONU a confirmé l'an dernier que la famine s'était installée à El-Facher, la capitale du Darfour-Nord, prise par les forces paramilitaires en octobre.
Mercredi, l'émissaire du président américain pour l'Afrique, Massad Boulos, a indiqué que l'ONU avait pu livrer plus d'une tonne de fournitures humanitaires à El-Facher, pour la première fois depuis mai 2024.
La famine a également été confirmée à Kadougli, dans la région voisine du Kordofan, désormais épicentre du conflit.
À Dilling, à environ 130 km plus au nord, l'ONU indique que les civils endurent probablement des conditions de famine, bien que des problèmes de sécurité et un manque d'accès aient empêché une déclaration officielle.
L'ONU avait auparavant déclaré la famine dans trois camps de déplacés autour d'El-Facher ainsi que dans certaines zones des monts Nouba, dans le sud du pays.
Les négociations pour un cessez-le-feu menées par les États-Unis avec les autres médiateurs sur ce conflit - Égypte, Arabie saoudite et Émirats arabes unis - se heurtent à la volonté de deux parties d'engranger des gains territoriaux.
À l'issue d'une réunion mercredi au Caire de responsables de ce groupe de médiateurs, de l'ONU, de l'Union européenne et d'organisations régionales, une source diplomatique a indiqué à l'AFP qu'aucune proposition de trêve n'était actuellement sur la table.
Avec AFP
