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Exclusif : malgré les démentis de Téhéran, les proches d'Erfan Soltani redoutent le pire
France 24 a recueilli le témoignage d’une proche d'Erfan Soltani, jeune manifestant iranien dont la peine de mort a été suspendue. Toujours détenu près de Téhéran, son cas, devenu emblématique, suscite de vives craintes malgré les démentis des autorités. "Il risque encore d'être pendu à chaque instant", redoute ce membre de sa famille.

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Un membre de la famille du manifestant Erfan Soltani, interviewé par France 24, le 15 janvier 2025. © France 24
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France 24 s'est entretenu avec un membre de la famille d'Erfan Soltani, dont la peine de mort a été suspendue. Cette proche confie sa crainte sur le sort du jeune manifestant iranien, toujours incarcéré à la prison de Qezel-Hesar à Karaj, en banlieue de Téhéran.

Le sort d'Erfan Soltani a attiré l'attention mondiale, jusqu'à interpeller Washington, car il s’agissait du premier cas redouté de condamnation à mort depuis le soulèvement populaire qui secoue l'Iran. Cette proche confirme que le jeune manifestant risquait bien la peine de mort, c'est elle qui en a informé les médias dimanche, après avoir pu parler avec des proches du jeune homme en Iran. 

Téhéran a démenti jeudi 15 janvier que le manifestant arrêté samedi ait été condamné à mort et puisse être exécuté.

Erfan Soltani, 26 ans, est accusé de rassemblements contre la sécurité nationale et de propagande contre le système, a déclaré le pouvoir judiciaire iranien, précisant que la loi ne prévoyait pas la peine capitale pour ces chefs d'accusation. "S'il est reconnu coupable, il sera condamné à une peine de prison", a ajouté le pouvoir judiciaire.

"Il risque encore d'être pendu à chaque instant"

"Beaucoup de jeunes sont torturés en prison", s'inquiète la proche du jeune manifestant, qui réside hors d'Iran. "Je ne me tairai pas tant qu'il ne sera pas libéré", dit-elle à France 24. "Il n'est qu'un manifestant et il ne doit pas être emprisonné pour cela".

Elle décrit Erfan Soltani comme un jeune homme "calme et généreux", sans histoire, passionné de mode et de football comme les jeunes de son âge. Propriétaire d'un magasin de vêtements, il a été arrêté à son domicile samedi par des officiers en civils.

Cette proche dit ne pas faire confiance aux autorités iraniennes qui ont prouvé par le passé qu'elles étaient capables d'exécuter des prisonniers sans prévenir : "Il risque encore d'être pendu à chaque instant." "Les autorités n'ont pas suspendu sa condamnation à la peine de mort", affirme-t-elle. "Elles n'ont juste pas exécuté Erfan ce jour-là (mercredi)."

"La publicité du cas d'Erfan, ajoute-t-elle, a sans doute permis d'éviter le drame." Elle en appelle désormais à la communauté internationale et à Donald Trump, à qui elle demande d'aider à rétablir les communications avec l'Iran, afin que la voix des Iraniens puisse être entendue.