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Devant un tribunal de New York, Maduro plaide non coupable, dit être un "prisonnier de guerre"
Deux jours après sa spectaculaire capture par les forces américaines, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a comparu lundi devant un tribunal de New York. Le dirigeant déchu a plaidé non coupable aux chefs d'accusation retenus contre lui par la justice américaine, principalement pour trafic de drogue et a affirmé être un "prisonnier de guerre".

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Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse, Cilia Flores, représentés sur un croquis judiciaire qui rend compte de leur comparution devant un tribunal du district sud de New York, le 5 janvier 2026. © Elizabeth Williams, AP
01:43

Nicolas Maduro devant la justice américaine. Deux jours après avoir été capturé lors d'une opération américaine, le chef déchu de l'État vénézuélien a été confronté pour la première fois, lundi 5 janvier, à la justice américaine. Devant un tribunal de New York, il a affirmé être un "prisonnier de guerre" et a plaidé non coupable d'accusations de trafic de drogue.

"Je suis innocent", a lancé l'ancien leader de 63 ans, s'exprimant en espagnol avec l'aide d'un traducteur devant le juge du Southern District de Manhattan, qui lui a officiellement signifié son inculpation pour quatre chefs d'accusation, dont celui de narcoterrorisme.

Comparaissant avec lui, son épouse Cilia Flores, 69 ans, a également plaidé non coupable.

Vêtu d'un pantalon beige, d'un T-shirt orange au-dessus duquel était mis un haut noir – des vêtements probablement fournis au moment de son incarcération –, Nicolas Maduro a démarré en déclarant : "Je suis le président de la République du Venezuela et je suis ici kidnappé depuis samedi 3 janvier. J'ai été arrêté à mon domicile à Caracas, au Venezuela", avant d'être interrompu par le juge Alvin Hellerstein.

"Il y aura un moment et un lieu pour aborder tout cela", lui a-t-il dit, lui demandant de simplement confirmer son identité.

"Je suis Nicolas Maduro."

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Devant un tribunal de New York, Maduro plaide non coupable, dit être un "prisonnier de guerre"
© France 24
42:09

Détention à New York 

Souriant à son entrée dans la salle en direction du public dans les tribunes, celui qui a dirigé le Venezuela d'une main de fer pendant 10 ans a pris des notes, suivant les débats à l'aide d'un casque.

Après lui avoir notamment signifié les charges retenues contre lui et entendu qu'il plaidait non coupable, le juge a ordonné qu'il soit maintenu en détention à New York et comparaisse de nouveau le 17 mars.

Depuis son arrivé sur le sol américain, Nicolas Maduro est incarcéré à Brooklyn, dans l'un des plus gros centres de détention des États-Unis, connu pour son insalubrité et sa gestion défaillante.

À quelques dizaines de mètres du tribunal du Southern District à Manhattan, ses partisans et opposants se sont se fait face.

"Aujourd'hui, c'est mon anniversaire, et c'est le plus beau cadeau que j'aie jamais reçu de toute ma vie", affirmait Angel Montero, Vénézuélien de 36 ans, qui a tenu "à remercier Donald Trump" pour l'opération militaire spectaculaire ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro.

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Devant un tribunal de New York, Maduro plaide non coupable, dit être un "prisonnier de guerre"
© France 24
02:04

"Je suis là pour m'opposer aux guerres américaines. (...) Ça ne rendra pas l'Amérique plus sûre, ça rendra les gens de Wall Street plus riches", croit au contraire Sydney Loving, 31 ans, venue de Minneapolis pour protester contre la capture d'un chef d'État étranger par son pays.

Dans le même temps, à Caracas, de nombreux députés ont scandé "Allez Nico" en soutien à leur président défait, lors de l'ouverture d'une nouvelle session de l'Assemblée nationale.

Nicolas Maduro et son épouse sont visés aux États-Unis par un nouvel acte d'accusation publié samedi, aux côtés de quatre autres personnes – qui n'ont pas été arrêtées –, dont le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, ainsi que le fils de Nicolas Maduro, Nicolas Ernesto Maduro Guerra.

Le leader vénézuélien était "à la tête d'un gouvernement corrompu et illégitime qui, depuis des décennies, a utilisé le pouvoir de l'État pour protéger et promouvoir des activités illégales, notamment le trafic de drogue. Ce trafic a enrichi et solidifié l'emprise de l'élite politique et militaire vénézuélienne", écrit l'acte d'accusation.

Il lui est reproché de s'être allié avec des mouvements de guérilla, y compris colombiens, que Washington considère comme "terroristes", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les États-Unis".

Opération américaine contestée

Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, nommée dirigeante vénézuélienne par intérim à l'issue du raid mené samedi par les forces spéciales américaines, a affiché sa volonté de coopérer avec les États-Unis dans le cadre de relations "équilibrées et respectueuses (...), fondées sur l'égalité souveraine et la non-ingérence".

Celle qui était la vice-présidente de Nicolas Maduro montre ainsi un premier signe d'ouverture envers Donald Trump, qui l'a mise en garde : "si elle ne fait pas ce qu'il faut", elle subira un sort pire que celui réservé au président déchu.

De nombreux pays contestent la légalité de l'intervention américaine, présentée par les États-Unis comme une "opération de police".

Lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU qui s'est tenue lundi, le secrétaire général Antonio Guterres a appelé au respect de l'"indépendance politique" des États, dans un texte lu par une adjointe.

Certains alliés des États-Unis, dont l'Union européenne, ont exprimé leur inquiétude. À Paris, Emmanuel Macron a affirmé que la "méthode utilisée" par Washington pour capturer Nicolas Maduro, n'était "ni soutenue ni approuvée" par la France.

Lors de l'opération, 32 membres des services de sécurité cubains ont été tués, a précisé le gouvernement de ce pays allié de Caracas.

"Cuba est prêt à tomber", a déclaré Donald Trump, estimant qu'il serait difficile pour ce pays de "tenir le coup" sans les revenus issus du pétrole vénézuélien.

Si les États-Unis assurent ne plus vouloir s'impliquer dans les affaires politiques d'autres pays comme en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.

Avec AFP