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À Chypre, une base militaire britannique attaquée par un drone iranien
Une base aérienne britannique à Chypre a été frappée dans la nuit de dimanche à lundi par un drone iranien, puis ciblée par deux autres. L'attaque, survenue après que Londres a autorisé Washington à utiliser ses bases contre l'Iran, n’a fait ni victime ni dégâts majeurs, mais a entraîné des évacuations dans le sud de l'île.
L'entrée de la base aérienne britannique d'Akrotiri, à Chypre, qui a été touchée par un drone dans la nuit, le 2 mars 2026. © Yiannis Kourtoglou, Reuters

Un conflit qui va au-delà du Golfe. Peu après la décision de Londres d'autoriser Washington à utiliser ses bases militaires contre l'Iran, une base aérienne britannique à Chypre a été frappée, lundi 2 mars, par un drone iranien puis visée par deux autres, entrainant des évacuations dans le sud de l'île méditerranéenne.

Cette frappe contre la base britannique est la première touchant un pays de l'Union européenne depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes américano-israéliennes samedi.

La base d'Akrotiri, territoire britannique d'outre-mer depuis l'indépendance de Chypre en 1960, est la plus grande de la Royal Air Force hors du Royaume-Uni. Plus de 3 500 personnes y travaillent. Elle compte des écoles, un centre médical, des églises, etc.

Des familles évacuées "par mesure de précaution"

Un drone iranien a frappé une piste de la base peu après minuit (22 h GMT), dans la nuit de dimanche 1er à lundi 2 mars. Il n'y a pas eu de victime et seulement de légers dégâts matériels, selon les autorités britanniques et chypriotes.

Deux autres drones se dirigeant vers les installations britanniques ont été interceptés lundi, selon un porte-parole du gouvernement chypriote. "Deux aéronefs sans pilote se dirigeant vers les bases britanniques à Akrotiri ont été pris en charge en temps voulu", a indiqué Konstantinos Letymbiotis dans un message sur X.

Des familles de personnels de la base ont été évacuées lundi "par mesure de précaution" et transférées vers d'autres logements situés à proximité, a indiqué le ministère britannique de la Défense. "Notre base et notre personnel continuent d'opérer normalement", a-t-il précisé à l'AFP. Un journaliste de l'AFP a vu environ 70 voitures quitter la zone, située sur la côte sud.

L'un des deux principaux aéroports de l'île, Paphos, a été évacué, tout comme les environs de la base d'Akrotiri. Une soixantaine de vols à destination et en provenance de Paphos et Larnaca ont été annulés. Après 14 h GMT, un responsable de l'aéroport a indiqué à l'AFP que l'alerte avait été levée et qu'il était "revenu à un fonctionnement normal".

Chypre a annoncé qu'elle demanderait des garanties pour que les bases britanniques situées sur son territoire ne soient utilisées qu'à des fins humanitaires.

L'UE devrait discuter d'assistance mutuelle

L'installation a été ciblée par les drones quelques heures après l'annonce du Premier ministre britannique, Keir Starmer, d'autoriser les États-Unis à utiliser les bases britanniques contre l'Iran. Il a affirmé agir dans un objectif "défensif".

Cette décision vise à "empêcher l'Iran de tirer des missiles dans toute la région, tuant des civils innocents, mettant en danger la vie de Britanniques et frappant des pays qui ne sont pas impliqués", a déclaré le dirigeant travailliste.

"La base de notre décision est la légitime défense de partenaires et d'alliés de longue date", a-t-il insisté en affirmant qu'elle était "conforme au droit international". Keir Starmer a assuré que Londres ne participerait "pas à des actions offensives en Iran".

Donald Trump lui a reproché d'avoir tardé à agir. "Cela a pris beaucoup trop de temps", a déclaré le président américain dans une interview au Daily Telegraph, à propos de la base stratégique britannique de Diego Garcia, dans l'océan Indien. "Nous avons été très déçus par Keir", a ajouté Donald Trump.

De son côté, l'Union européenne a dit se tenir aux côtés de ses États membres face à "toute menace". Après l'attaque sur Akrotiri, l'UE devrait discuter prochainement du déclenchement ou non de sa clause de défense mutuelle en cas d'agression contre un État membre, a indiqué lundi une porte-parole.

La Grèce a envoyé deux frégates et des avions de chasse F-16 à Chypre, a annoncé le ministère grec de la défense, assurant qu'Athènes aiderait Chypre à "faire face aux menaces et aux actions illégales sur son territoire". Le ministre de la défense Nikos Dendias a prévu de se rendre sur l'île mardi.

Avec AFP