
Des agriculteurs déversent du fumier pour protester contre l'accord commercial avec les pays du Mercosur, le 18 décembre 2025 à Portet-sur-Garonne, dans le sud-ouest de la France. © Fred Scheiber, AP
Une tentative de réponse aux inquiétudes des agriculteurs. Le Premier ministre et la ministre de l'Agriculture ont indiqué, dimanche 4 janvier, la prochaine suspension d'importations en provenance d'Amérique du Sud de denrées alimentaires contenant des résidus de plusieurs substances interdites en Europe, comme Annie Genevard en avait annoncé l'intention.
"Un arrêté sera pris dans les prochains jours, à l'initiative de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, pour suspendre l'importation de produits contenant des résidus de substances interdites en Europe : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime", des produits fongicides ou herbicides, a annoncé sur X Sébastien Lecornu.
Contacté par l'AFP, le ministère de l'Agriculture a indiqué que l'arrêté serait publié mardi. La France devra toutefois obtenir le feu vert de la Commission européenne dans les dix jours, un accord qu'espère obtenir mercredi la ministre lors de son déplacement à Bruxelles, a-t-on expliqué de même source.
Avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes "d'Amérique du Sud ou d'ailleurs", mais aussi melons, cerises, fraises ou pommes de terre ne pourront plus entrer en France ni être commercialisés, a listé Sébastien Lecornu.
"Protéger nos filières et nos consommateurs"
"Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires", a-t-il poursuivi, évoquant "une première étape pour protéger nos filières et nos consommateurs et lutter contre la concurrence déloyale, véritable enjeu de justice et d'équité pour nos agriculteurs".
Ces derniers, qui font face à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, sont aussi mobilisés contre la signature du traité de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur, prévue le 12 janvier. Cet accord doit être signé officiellement mais plusieurs États européens s'y opposent. La Commission européenne a tenté d'apaiser les agriculteurs en proposant des clauses de sauvegarde pour certains produits agricoles comme le bœuf.
"On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des importations. C'est du bon sens. D'où qu'ils viennent dans le monde, les produits importés doivent respecter nos normes. La France montre l'exemple en Europe", a déclaré la ministre sur X.
Annie Genevard avait annoncé le 8 décembre son intention d'interdire "les importations sur notre sol de produits contenant des substances interdites en Europe", si la Commission européenne ne le faisait pas, et indiqué samedi dans un entretien à La Tribune dimanche avoir "activé" cette "mesure conservatoire".
"L'UE interdit certaines substances pour nos producteurs. Et pour les importations, elle a fixé des limites maximales acceptables de résidus", mais que la France juge "trop élevées", explique le ministère, qui demande une application plus stricte des normes européennes, en ramenant ces limites à "zéro" pour ce qui entre sur le territoire.
Avec AFP
