logo

À la veille de la rentrée en France, plus de 2 000 enfants dorment à la rue
En France, quelque 2 159 enfants vivent à la rue, révèle un baromètre de l'Unicef. À quelques jours de la rentrée des écoles, la présidente de l'Unicef France dénonce un manque de "volonté politique ferme de mettre fin à l'inacceptable".
Maryam et ses cinq enfants marchent dans un couloir du métro, en mars 2023 à Paris. © Mehdi Chebil pour InfoMigrants

À quelques jours de la rentrée scolaire en France, des milliers d'élèves dorment à la rue. Plus de 2 000 enfants en France n'ont pas de toit, faute de places d'hébergement d'urgence disponibles. Un nombre en forte hausse depuis plusieurs années, selon un baromètre publié jeudi 28 août par Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

"Chaque année, nous constatons avec indignation qu'un nombre croissant d'enfants dorment dans la rue, exposés à des conditions de vie indignes et à des dangers quotidiens", déplore Adeline Hazan, présidente de l'Unicef France.

"Ce qui fait cruellement défaut aujourd'hui, ce ne sont ni les ressources, ni l'expertise mais bien une volonté politique ferme de mettre fin à l'inacceptable", ajoute-t-elle.

Plus de 500 enfants de moins de trois ans

Au moins 2 159 enfants, dont 503 de moins de trois ans, sont restés dans la nuit du 18 au 19 août sans solution d'hébergement à la suite de l'appel de leurs parents au 115, le numéro d'urgence pour les personnes sans abri.

À la veille de la rentrée en France, plus de 2 000 enfants dorment à la rue
Maryam et ses enfants dorment parfois dans le métro, dans des gares ou des bus. À Paris, en mars 2023. © Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Le nombre d'enfants sans abri a progressé de 6 % par rapport à l'an dernier et de 30 % par rapport à 2022. Ils sont présents partout en France, en particulier en Ile-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie.

Une situation qui s'explique par la saturation des dispositifs d'hébergement d'urgence, combinée à une crise du logement, selon les associations.

"Très alarmantes", les données du baromètre sont toutefois sous évaluées, pointent Unicef France et la FAS, car elles n'incluent pas les familles qui ont renoncé à joindre le 115, ni celles qui vivent en squats ou dans les bidonvilles. Les mineurs non accompagnés ne sont pas non plus comptabilisés.

Des investissements à réaliser dans le logement social

"C'est une situation dramatique et inacceptable, le sans-abrisme n'est pas une fatalité, des solutions existent", souligne auprès de l'AFP Nathalie Latour, directrice générale de la FAS. Elle évoque notamment des investissements à réaliser dans le logement social et l'hébergement d'urgence.

Un rapport publié en juillet par trois inspections générales estime que le programme d'hébergement d'urgence de la France souffre d'une sous-budgétisation chronique et d'un déficit de pilotage qui ne lui permettent pas en l'état de répondre à l'ensemble des demandes.

En 2024, ce programme a représenté 2,3 milliards d'euros pour 203 000 places en structure d'hébergement généraliste. Un nombre stabilisé depuis 2021.

Les associations réclament la création de 10 000 places supplémentaires, dont un millier pour les femmes enceintes ou sortant de la maternité.

Avec AFP