
Au moins neuf personnes sont mortes et vingt ont été blessées après l'effondrement d'un immeuble vétuste, provoqué par une fuite de gaz, en plein centre de Liège. D'autres bâtiments menacent de s'effondrer.
AFP - Au moins neuf morts, une vingtaine de blessés, d'autres bâtiments qui menacent de s'effondrer : le bilan de l'explosion due au gaz en plein centre de Liège s'est brutalement aggravé jeudi et bouleverse la Belgique, traumatisée.
L'effondrement d'un immeuble vétuste, soufflé mercredi par la déflagration, est la plus importante catastrophe en Belgique depuis celle d'une conduite à haute pression dans la zone industrielle de Ghislenghien (ouest) qui avait fait 24 morts et 132 blessés le 30 juillet 2004.
"J'ai cru que c'était un tremblement de terre. C'était un enfer, il y avait des gens en sang partout", a raconté au journal Le Soir une habitante de ce quartier du centre historique de Liège (Est).
Du numéro 18 de la rue Léopold, où l'explosion est survenue peu avant 02H00 mercredi matin, il ne restait plus jeudi qu'un amas de poutres enchevêtrées et de briques, de verre, d'où s'est échappé pendant des heures un nuage de fumée.
La façade, qui avait tenu le coup, s'est finalement effondrée elle aussi cinq heures après l'explosion.
Un premier bilan avait fait état d'une vingtaine de blessés et dans l'après-midi, les sauveteurs avaient réussi à sortir une jeune fille de 13 ans, vivante, des décombres.
Mais dans la nuit de mercredi à jeudi, les pelleteuses n'ont plus sorti que des cadavres, dont certains, brûlés par l'incendie qui avait embrasé l'immeuble, seront difficiles à identifier.
Jeudi en fin de matinée, le bilan, toujours provisoire, s'élevait à 9 morts, selon la police.
Le nombre total de victimes pourrait être plus lourd, car "une dizaine de familles au total se sont manifestées", a expliqué à l'AFP un porte-parole des autorités communales, Pierre Reuter.
Les médias belges parlent eux de trois ou quatre personnes encore recherchées.
Le lieu de la catastrophe avait été tracé à la fin du XIXe siècle pour relier les lieux de pouvoir locaux --hôtel de ville, ancien palais des Princes-évêques-- au quartier populaire d'Outremeuse.
C'est au numéro 24, dans un immeuble de type haussmannien, qu'est né en 1903 l'écrivain George Simenon. La petite place qui lui fait face porte aujourd'hui le nom du commissaire Maigret, mais la rue s'est paupérisée au fil du temps.
Les rez-de-chaussée n'accueillent plus que des commerces bas de gamme et les immeubles de 5 ou 6 étages, dégradés, ont été divisés en appartements pour étudiants ou pour étrangers, parfois en situation illégale.
De ce fait, "il est difficile d'avoir une idée précise du nombre de personnes à rechercher. Il y a beaucoup de jeunes. Etaient-ils tous là, dormaient-ils chez des amis ou au contraire avaient-ils des invités dans leur appartement?", s'interroge le porte-parole de la ville, Pierre Reuter.
L'attente pourrait encore durer de longues heures, voire quelques jours. Les excavatrices ont en effet du être arrêtées, les immeubles voisins devant d'abord être étançonnés pour ne pas s'écrouler comme un château de carte.
Le Premier ministre Yves Leterme s'est rendu sur les lieux jeudi matin, visité dès mercredi par le roi Albert II.
Un habitant de l'immeuble de la rue Léopold avait signalé samedi une odeur de gaz, mais les pompiers et la société de gaz, qui s'étaient déplacés, n'avaient rien relevé d'anormal.
C'est à la justice qu'il revient de déterminer les causes de l'explosion, qui pourrait être due à une imprudence, à un accident ou encore à une tentative de suicide, soulignait jeudi la presse belge.