
À l'occasion de la réunion des "pays amis" d'Haïti organisée à Montréal, le Canada a annoncé la tenue en mars d'une conférence internationale au siège des Nations unies à New York, à l'invitation des États-Unis.
Près de deux semaines après le séisme qui a fait au moins 112 000 morts en Haïti, une réunion d'urgence sur l'aide internationale s'est tenue, lundi, à Montréal, en présence du Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive.
À l'issue de cette rencontre, le chef de la diplomatie canadienne Lawrence Cannon a annoncé qu’une conférence internationale sur l’aide à Haïti se tiendra en mars au siège des Nations Unies, à New York.
Une quinzaine de pays, dont les États-Unis, la France, le Brésil, l'Espagne et le Mexique, ainsi que plusieurs organisations internationales dont les Nations unies, ont participé à cette conférence.
Ouvrant la réunion, le chef de la diplomatie canadienne a assuré le chef du gouvernement haïtien du soutien de la communauté internationale dans l'immédiat mais aussi dans l'effort de reconstruction qui doit suivre. "Sachez que le Canada, le 'groupe des amis', la communauté internationale et les ONG, nous nous engageons à vous offrir notre soutien dans cette période de crise et par la suite", a-t-il dit. La reconstruction d'Haïti prendra "au moins dix années", a-t-il indiqué.
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De son côté, Jean-Max Bellerive a d'abord rendu hommage à "la réaction diligente" de la communauté internationale et salué "la solidarité et l'extrême sympathie" exprimées par tous les partenaires de l'île. "Le peuple haïtien aura besoin encore, encore et encore d'être accompagné pour faire face au colossal travail de reconstruction", a-t-il affirmé.
"Regarder de l'avant"
Si Haïti a été victime d'une catastrophe naturelle "sans commune mesure" avec les précédentes, "il nous faut regarder de l'avant", a continué le Premier ministre haïtien. "La reconstruction ne se limite pas à la reconstruction des infrastructures effondrées, mais elle s'inscrit dans la reconquête de notre souveraineté nationale [...] L'Etat haïtien est au travail dans des conditions précaires mais il est en mesure d'assurer le leadership que la population attend de lui."
"Haïti a besoin de l'appui massif à moyen et long terme de ses partenaires de la communauté internationale. L'ampleur de la tâche exige que nous fassions plus, que nous fassions mieux et sans doute que nous fassions différemment", a-t-il affirmé.
"L'important est de définir un cadre pour l'action internationale, explique Fabrice Hoss, le correspondant de FRANCE 24 à Montréal.
"Ici, tout le monde se place sous l'égide des Nations unies, mais tout le monde sait également que l'Amérique du Nord, et notamment les États-Unis sont à la manœuvre. L'Union européenne, même si elle est un très gros contributeur, est plus discrète", ajoute Fabrice Hoss.