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La finale historique entre Nantes et Toulouse se tiendra sous un important dispositif de sécurité. Les organisations syndicales avaient prévu de distribuer samedi soir des cartons rouges et des sifflets aux spectateurs du Stade de France pour qu'ils manifestent leur rejet de la réforme des retraites et leur mécontentement vis-à-vis d'Emmanuel Macron, qui sera présent dans les tribunes. Mais le rassemblement a été interdit par le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez.
La soirée s'annonce agitée à Saint-Denis. Si 78 000 spectateurs sont attendus au Stade de France, samedi 29 avril à 21 h, pour une affiche inattendue en finale de Coupe de France entre le tenant du titre, Nantes, et le promu Toulouse, le contexte extrasportif sera également au centre de l'attention médiatique.
Près d'un an après la finale de Ligue des champions entre le Real Madrid et Liverpool dans le même stade qui avait tourné au fiasco sécuritaire, la venue confirmée d'Emmanuel Macron attise les mouvements de protestation sociale – même si le chef de l'État n'a pas prévu, a priori, de descendre sur la pelouse pour saluer les deux équipes, comme le veut parfois la coutume.
Le président français ne remettra pas non plus la Coupe au vainqueur depuis la pelouse, comme il en était l'usage depuis trois ans et la crise du Covid-19. Le préfet de police, Laurent Nuñez, a décidé que le trophée au vainqueur serait remis dans la tribune car "cela empêche l'envahissement" de la pelouse.
"Si je n'avais pas pris cette décision, on m'aurait traité sans doute d'irresponsable", a estimé le préfet samedi sur BFMTV, pointant les "dégradations" commises lors de la demi-finale opposant Nantes à Lyon.
De leur côté, les organisations syndicales avaient prévu de distribuer des cartons rouges et des sifflets aux spectateurs du Stade de France pour qu'ils manifestent leur rejet de la réforme des retraites et leur mécontentement vis-à-vis du chef de l'État.
Un rassemblement néanmoins interdit par la préfecture de police de Paris, même si l'intersyndicale estime ne prévoir qu'un tractage et a déposé un recours devant le tribunal administratif dès notification de l'arrêté d'interdiction.
"Ça paraîtrait assez irresponsable de laisser se dérouler ce type de manifestation le jour d'un grand match à risque", a dit Laurent Nuñez.
Des milliers de policiers et gendarmes mobilisés
Pour sa part, l'Association nationale des supporters (ANS) a annoncé vendredi avoir saisi le tribunal administratif pour demander "l'enlèvement des grilles en bas des tribunes", en pointant un "danger" avec ce dispositif.
Quelque 3 000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi aux abords de l'enceinte francilienne. Un dispositif "50 % plus important", selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, que celui mobilisé le 28 mai 2022 pour la finale de Ligue des champions, la dernière rencontre entre clubs disputée dans ce stade situé au nord de Paris.
Les acteurs de la rencontre, eux, peinent à occulter ce contexte social, d'autant que les groupes de supporters ultras des deux équipes entretiennent des relations tendues.
"Je pense qu'on ne pourra pas faire abstraction car ce sera très présent, mais il faudra rester connectés à ce qu'on a à faire sur le terrain et sur notre performance", a expliqué vendredi l'entraîneur de Toulouse, Philippe Montanier.
"Je n'ai qu'à espérer que tout se passe bien", a renchéri son homologue nantais, Antoine Kombouaré. "Les amoureux de foot viennent pour voir un grand match."
Rencontre historique
L'ambiance promet d'être bruyante en tribunes pour cette rencontre historique : Nantes n'a gagné la Coupe que quatre fois, et Toulouse une seule fois, en 1957, sous le maillot rouge et blanc d'un club disparu en 1967, puis recréé de toutes pièces en 1970.
Outre un trophée de prestige, une victoire lors de cette 106e édition leur offrirait un ticket pour la Ligue Europa la saison prochaine, même si cela poserait sans doute quelques questions en cas de succès toulousain, car le TFC possède le même actionnaire que l'AC Milan. Or deux clubs sous la même bannière ne peuvent jouer la même compétition continentale.
Pour Nantes, tenant du titre, dont le maintien n'est pas assuré en Championnat (16e), cette finale ressemble à une oasis dans le désert : s'il rate ce trophée puis subit une relégation en L2, il aura tout perdu.
"Une finale gagnée nous donnera l'énergie et la force pour aller chercher le maintien", a tempéré Kombouaré, artisan du sacre surprise de 2022.
Le palmarès peut rassurer l'entraîneur : hormis l'ogre Paris SG, vainqueur de six des huit dernières éditions, la dernière écurie parvenue à conserver son trophée s'appelle le FC Nantes. C'était en 2000, il y a 23 ans.
Avec AFP